- Auteur Thierry de Lestang-Parade
- Temps de lecture 7 min
Exposition de peinture : Pierre Marie Brisson à Arles – Sur les traces d’un conteur du silence

Traces – Exposition de Pierre-Marie Brisson ©MCS
Pierre Marie Brisson, un peintre français de renommée internationale, est invité par la ville d'Arles à exposer cinquante ans de ses travaux avec Traces. Une exposition de peinture à voir au Palais de l'Archevêché jusqu'au 6 avril 2026.
Le public dispose de l'opportunité gratuite d'apprécier une œuvre foisonnante et colorée. On y ressent de l'admiration pour Monet avec des nénuphars ressemblant à des papillons blancs sur un fond bleuté. Il y a aussi Matisse avec une ronde revisitée de danseuses.

Traces - Pierre Marie Brisson : une exposition gratuite à Arles
Classique et novateur
L'artiste, bénéficiant d'une côte bondissante, offre une œuvre à la ville d'Arles qu'il va réaliser avec des enfants. Avec lui, la peinture est humaine, originale et authentique. L'artiste s'exprime aussi par des collages et de la sculpture à partir d'objets chinés déjà exposés à Marseille. C'est leur langage secret qui nous interpelle.
«Un bol peut nous faire songer à un souvenir de famille», remarque Coco Dolle, commissaire de l'exposition. C'est alors l'histoire intime de chacun de nous qui jaillit.

L'oeuvre de Pierre Marie Brisson échappe aux étiquettes, nouveau fauvisme, impressionnisme … Surtout, elle dit beaucoup. «La première approche de la toile, c'est la gestuelle de la peinture.», dit Coco Dolle .
Pierre Marie Brisson est toujours en mouvement. Minutie des miniatures persanes, grands espaces où les couleurs s'enrichissent de leurs tonalités, lignes classiques des œuvres grecques de l'Antiquité, traits abstraits, Pierre Marie Brisson nous offre un autre monde étrangement nourri du nôtre.
Une exposition qui explore les empreintes, les gestes et les histoires que la matière conserve. C'est la présentation de votre exposition gratuite au Palais de l'Archevêché d'Arles jusqu'au 6 avril 2026. Pouvez-vous nous expliquer votre démarche artistique ?
Oui, bien sûr. En fait, une de mes premières passions d'enfance, c'est l'archéologie. Donc, j'ai visité, revisité la préhistoire, les premiers éléments qu'on apprend à l'école. Il y a quelque chose qui m'a attiré, je ne sais pas pourquoi. Je me suis retrouvé très jeune embarqué dans un club d'archéologie en effectuant des recherches sur des sites romains ou préhistoriques.
Et puis, je me suis mis à trouver des petites choses. J'ai ressenti une sorte d'excitation avec ces découvertes. Et, parallèlement, j'aimais aussi voir les artistes-peintres qui peignaient le dimanche au bord de la Loire dans ma ville natale Orléans.

Que pouvez vous dire à propos de cette exposition?
C'est une exposition que je prépare depuis plus de cinq ans. C'était important pour moi d'être présent ici dans ce Palais de l'Archevêché, un lieu majestueux à Arles, chargé d'histoire, avec des accidents liés au temps sur les murs. Pour moi, c'était presque idéal.
Une sorte de rêve
Vous êtes aujourd'hui installé à Aigues-Mortes. Quel est votre lien avec ce territoire et la Méditerranée toute proche ?
La Méditerranée était comme une sorte de rêve. Je suis arrivé tardivement pour la visiter. J'avais tout juste 18 ans. Je venais d'avoir mon permis de conduire. Le premier déplacement que j'ai effectué , c'est pour descendre voir la Méditerranée que je ne connaissais pas.
Elle vous inspire encore.
Elle m'inspire encore. Je me suis dit, dès que je peux, j'irai vivre au bord de la Méditerranée. Il y a toutes ces villes comme Arles, qui ont un passé très lointain, historique, avec leurs architectures. Il y a aussi, bien sûr, la lumière du Sud, qui est très importante. Je pense que cela peut être attractif et inspirant à la fois.
Couleur préférée
Quel est votre couleur préférée ? Est-ce le bleu ?
Oui, ma couleur préférée est naturellement le bleu. J'ai même parfois tenté de quitter ce bleu, mais je n'y suis jamais arrivé.
Selon vous, le non figuratif dit-il plus que le figuratif car il laisse la place à l'imagination ?
Je dirais qu'il n'y a pas de règle. Je n'appartiens pas à une école proprement dite. Il y a des gens qui me disent que je représente une sorte de nouveau fauvisme. Je vais aimer des choses extrêmement abstraites comme je vais apprécier des choses très concrètes.
Au rendez-vous de la grâce
Pourquoi êtes-vous autant attaché à la danse comme Matisse ?
J'ai une sœur qui était danseuse. J'étais beaucoup plus jeune qu'elle. Elle m'emmenait pour me garder en quelque sorte. J'observais les élèves danser et je trouvais ça très beau. Il y avait de la grâce et ça a laissé des traces, comme le titre de l'exposition.
Fasciné par les taureaux
Vous avez été choisi pour créer l'affiche de la féria de Pâques d'Arles. Les taureaux sont-ils une source d'inspiration ?
Hormis la corrida, il y a un signe de puissance qui est phénoménal chez les taureaux. Il y a leur masse. J'évoquerais même le regard d'un taureau, son souffle. J'ai pu approcher les taureaux espagnols d'assez près. Quand on les entend respirer, c'est déjà très imposant.

Une création avec des enfants
Vous êtes en résidence à Arles. Vous allez créer une oeuvre ici.
Je vais créer une oeuvre avec des enfants. Il y a des scolaires qui vont venir et on va créer ensemble.
C'est un défi pour vous ?
Je remarque surtout que les enfants sont encore des éponges . On peut créer des petits chocs émotionnels avec eux.
Pour réparer le monde
Selon vous, l'art peut-il réparer le monde ?
Oui, absolument. En permanence, il a fait plus que réparer. Il a souligné une histoire. Ici, aujourd'hui justement, on remonte jusquà l'archéologie. Ici, on retrouve le thème de l'exposition. C'est cette trace de l'humanité qui reste. Quand les gens découvrent le monde entier, la première activité qu'ils font souvent, c'est visiter les monuments.
Des influences diverses
Quelles sont vos influences si on vous demande de citer deux ou trois artistes qui vous inspirent, qui vous nourrissent particulièrement?
Il y a plusieurs époques. Il y a eu Rembrandt, il y a eu Turner. Il y a eu Rothko. Après, il y a eu Picasso, incontournable. Matisse, Monet.
Un beau compagnonnage
Oui, j'aime aller les visiter quand je suis un peu en panne d'énergie. Ils nourrissent quand je vais voir leurs œuvres dans les musées.
Vous exposez dans le monde entier. Quels sont vos projets ?
J'ai une exposition qui vient de s'achever à New York. Je prépare une autre exposition prévue au mois de juin en Californie à San Francisco.
Traces de Pierre Marie Brisson, Palais de l'Archevêché à Arles, jusqu'au 6 avril 2026, de 11 à 13 heures et de 14 à 18 heures, entrée libre.
Dialogue entre l'artiste et l'archéologue Luc Long le jeudi 12 mars à 18 heures.
Rencontre avec l'artiste, samedi 14, 21 et 28 mars.
Performance dimanche 15,22 et 29 mars à 15 heures.











