- Auteur Thierry de Lestang-Parade
- Temps de lecture 3 min
« L’homme qui a vu l’homme… » : Le nouvel hommage déjanté de Bouzard à Lucky Luke
Guillaume Bouzard chahute le mythe de Lucky Luke dans un western « méta » où le cinéma s’invite au Far West. Un hommage absurde et jubilatoire qui déconstruit le cow-boy solitaire avec un génie de la dérision.

Le dessinateur et scénariste Guillaume Bouzard publie son septième album chez Dargaud.
Avec L'homme qui a vu l'homme qui filme l'homme qui tire plus vite que son ombre, Guillaume Bouzard produit presque un journal de tournage surprenant et drôle d'une série consacrée à Lucky Luke. L'auteur se met en scène lui-même avec humour et dérision dans un vrai western.
Lucky Luke par Bouzard : L'homme qui a vu l'homme qui filme…
Un nouvel album qui nous plonge dans l'univers de Lucky Luke
L'homme qui a vu l'homme qui filme l'homme qui tire plus vite que son ombre est une bande dessinée signée Guillaume Bouzard. Elle est publiée aux éditions Dargaud. La bande dessinée raconte sur un ton décalé et parodique l'histoire du tournage d'une série télévisée consacrée à Lucky Luke, le héros de Morris et Goscinny.

L'envers du décor
L'auteur de Jolly Jumper ne répond plus, vendu à 40 000 exemplaires, se met lui-même en scène dans le désert d'Andalousie. Il décrit d'une façon ironique ses relations avec son éditeur pestant contre ses notes de frais.
«Cette BD est un regard unique sur l'envers du décor, celui d'un auteur qui ne raconte pas le tournage mais son tournage», souligne Julien Vallespi, le producteur de la série.
Un sens de la dérision
Malgré son sens de la dérision souvent tourné contre lui-même, Bouzard utilise la réalité du vrai tournage d'une série avec l'acteur français Alban Lenoir dans le rôle de Lucky Luke. C'est le dessin qui souligne la distance de l'auteur. Son souci n'est pas de se rapprocher des traits de l'œuvre originale de Morris et Goscinny. Mais au contraire de la sublimer par un dessin narquois et tendre. «Il aurait pu livrer un carnet de bord classique, sobre, linéaire. Mais on parle de Bouzard ! Il a préféré se mettre en scène lui-même, râleur, maladroit, curieux, sensible, et parfois un peu dépassé, suivant les coulisses de ce drôle de western tourné pour de vrai, avec de vrais chevaux, de vrais décors, de vrais comédiens... et quelques vraies galères, évidemment.»
Une bulle de tendresse
La prise de risque est réelle. Le lecteur est décontenancé. Mais cela ne dure qu'un temps. En galopant loin d'une fidélité apparente, Bouzard se montre fidèle et tendre à l'égard de Lucky Luke.
Il y a tant de façons de l'aimer. Celle de Bouzard s'apparente à une bulle de tendresse.











