- Auteur Serge Alexandre
- Temps de lecture 4 min
« An English Violin » : le nouvel album de la violoniste Geneviève Laurenceau
Geneviève Laurenceau, l’une des plus brillantes violonistes françaises, nous propose un nouvel album 100 % british au cœur duquel on découvre le concerto pour violon de Guirne Creith. Elle est accompagnée de Jean-Frédéric Neuburger au piano et l’Orchestre de Picardie dirigé par David Niemann.

Geneviève Laurenceau, considérée comme l’une des plus brillantes violoniste françaises, nous invite dans son nouveau disque, à un voyage en Angleterre.
Il y a des sorties discographiques bouleversantes. C’est le cas de cet album, "An English Violin", qui nous invite à un voyage au cœur de la musique anglaise. Le concerto pour violon et orchestre en sol mineur de Guirne Creith en est le cœur. Il vient d’être donné avec brio par Geneviève Laurenceau à Avignon sous la direction inspirée de la cheffe d’orchestre Debora Waldman que l’on retrouvera à l’opéra de Marseille pour trois représentations d’un des chefs-d’œuvre du répertoire lyrique français Le dialogue des carmélites de Francis Poulenc à partir du 26 mars. Cette nouveauté bénéficie d’un livret bilingue fort bien écrit et d’une prise de son exemplaire.
Répertoire britannique pour Geneviève Laurenceau dans son nouvel album, "An English Violin"
Le mystère Guirne Creith
Son concerto pour violon est au cœur de cet album. Guirne Creith (1907-1996) est une compositrice anglaise majeure du XXe siècle, oubliée. Sa vie romanesque pourrait inspirer l’un des grands cinéastes de notre temps. Enfant prodige, elle reçoit le soutien de ses parents pour étudier la musique. Elle entre à l’Académie royale de Musique de Londres à l’âge de 16 ans. Son vrai nom est Gladys Mary Cohen. Elle prend le pseudonyme de Guirne Creith dans un monde musical dirigé par les hommes. Elle devient une pianiste de concert reconnue et étudie l’alto. Jusqu'à un accident qui mettra fin à sa carrière, elle suivra l’enseignement d’ Edwin Fischer, spécialiste de Bach.
Ecrivaine et œnologue
Artiste accomplie, elle sera aussi écrivaine et même œnologue et écrira deux traités en gastronomie à Bordeaux. Son essai sur Beethoven écrit en Allemagne est remarquable. Son concerto pour violon sera retrouvé par ses deux fils après sa disparition. Il est écrit entre les deux guerres et créé par le grand violoniste anglais Albert Sammons. Composé de trois mouvements, ce concerto d’inspiration néo-romantique est un véritable coup de foudre, une œuvre qui vient enrichir le répertoire de tous les violonistes aguerris.

Une invitation au voyage
Geneviève Laurenceau en est l’interprète parfaite avec une implication totale. On songe par son jeu à celui du violoniste germanique Laurent Albrecht Breuninger. Elle réunit toutes les qualités des écoles franco-belge et allemande de son instrument. Cette œuvre d’une beauté diaphane est une invitation au voyage dans les paysages poétiques du Yorkshire. Le deuxième mouvement est un sommet émotionnel. L’Orchestre de Picardie affirme son excellence sous la direction attentive et soignée du chef d’orchestre allemand David Niemann. On tient là un chef-d’œuvre à programmer dans toutes les salles de concerts du monde.
Grande complicité entre les deux solistes
La seconde partie de cet album propose des œuvres pour piano et violon. Si Geneviève Laurenceau est bien connue de notre région, notamment à Aix-en-Provence, il en est de même pour le pianiste Jean-Frédéric Neuburger souvent présent à La Roque d’Anthéron. La complicité entre ces deux solistes est une évidence. Ils ne font qu’un. Les quatre pièces d’Elgar, l'un des compositeurs les plus connus de son temps étonnent par la douceur et l’humour qui viennent faire chavirer nos cœurs.
Deux pièces de William Walton
Les trois œuvres de Rebecca Clarke, compositrice britannique de l'entre-deux-guerres, fascinent. Cette compositrice, également en avance sur son époque, prit en son temps un pseudonyme masculin Anthony Trent pour être publiée. Ses pièces enregistrées enivrent par leur sensualité flirtant sur les rives de l’atonalité par instant. L’album s’achève par deux pièces de William Walton, l’une des figures majeures de la musique anglaise du XXe siècle. On y ressent sa fascination pour les chants et danses de tradition anglaise. Cet album constitue une réussite totale. À découvrir absolument.











