- Auteur Jacques Jarmasson
- Temps de lecture 4 min
Avignon : Un « Chœur battant » entre ferveur chorale et puissance symphonique à l’Opéra
L’Orchestre national Avignon-Provence a donné un concert sublime sous la direction d’Ustina Dubitsky avec le Choeur de l’Opéra Grand Avignon autour de l’univers choral germanique du XIXe siècle.

L’Orchestre national Avignon-Provence sous la direction de la cheffe allemande Ustina Dubitsky. ©Jacques Jarmasson
Ce vendredi 13 mars 2026, l’Opéra Grand Avignon a vibré avec intensité. Le concert « Chœur Battant », porté par l’Orchestre national Avignon-Provence et le Chœur de l’Opéra Grand Avignon, a offert au public une soirée d’une ampleur musicale exceptionnelle, où la ferveur chorale et la puissance symphonique se sont mêlées dans un élan d’une grande beauté.

Un chœur battant avec l'Orchestre national d'Avignon-Provence et le Chœur de l'Opéra Grand Avignon
Une ampleur exceptionnelle
Sous la direction de la cheffe allemande Ustina Dubitsky, et avec la complicité artistique du chef de chœur et organiste Alan Woodbridge, ce programme singulier explorait l’univers choral germanique du XIXᵉ siècle.
Une prière délicate et lumineuse
Dès les premières mesures du Nachtlied de Max Reger, la salle a été plongée dans une atmosphère d’une extrême douceur. Cette « Ode à la nuit », prière délicate et lumineuse, a révélé la finesse du chœur. Une entrée en matière empreinte d’une grande sérénité.
Les pages de Ludwig van Beethoven ont prolongé cette élévation. La cantate pour chœur et orchestre Meeresstille und glückliche Fahrt, (Mer calme et heureux voyage) inspirée des vers de Goethe, a peint avec une finesse saisissante l’immobilité mystérieuse de la mer avant l’élan libérateur du vent.

Une puissance bouleversante
La musique de Johannes Brahms a ensuite déployé toute sa palette expressive pour clôturer la première partie de la soirée. Verlorene Jugend, avec sa mélancolie tendre, évoque les souvenirs d’une jeunesse enfuie, tandis que les deux Nachtwache installent une tension dramatique fascinante. Mais c’est sans doute les sublimes Geistliches Lied et Schicksal Lied, qui ont fait naître les plus grands frissons de la soirée dans un moment de pureté presque céleste. Dans cette œuvre d’une intensité vertigineuse, les voix du chœur se sont élevées avec une puissance bouleversante, soutenues par un orchestre à la richesse sonore impressionnante.
Un monument du répertoire
Après l’entracte, l’orchestre s’est retrouvé seul pour un monument du répertoire avec la Symphonie n°9 dite « La Grande » de Franz Schubert. Et quel moment ! Dans cette œuvre aux proportions monumentales, l’Orchestre national Avignon-Provence a démontré toute l’étendue de son talent. La cheffe allemande Ustina Dubitsky a su maintenir une tension musicale remarquable tout au long de cette vaste architecture sonore, révélant la richesse de l’écriture schubertienne. Le final, à l’énergie irrésistible, a littéralement embrasé la salle.

Des applaudissement nourris
Le public, conquis, a salué longuement les chef(e)s, les choristes et l’orchestre. Ces applaudissements nourris rendaient hommage à une soirée où la musique s’est imposée dans toute sa dimension spirituelle et émotionnelle.
En prélude à ce concert, la traditionnelle rencontre avec le public dans la salle des préludes avait déjà donné le ton. Alan Woodbridge a partagé avec passion les clés de ce programme ambitieux, préparant les spectateurs à une expérience musicale hors du commun.
Avec « Chœur Battant », l’Orchestre national Avignon-Provence et le Chœur de l’Opéra Grand Avignon ont offert une véritable traversée de l’âme romantique allemande.












