- Auteur Éric Fontaine
- Temps de lecture 4 min
« Company » à l’Opéra Grand Avignon
Retour sur Company, la comédie musicale culte de Stephen Sondheim qui a clôturé l’année 2025 à l’Opéra Grand Avignon avec un grand succès ! Un spectacle foisonnant et particulièrement joyeux ! Une plongée moderne et drôle dans les relations amoureuses.

©Jean Michel Molina
L'Opéra Grand Avignon clôturait l'année 2025 dans un tourbillon de la vie avec la comédie musicale Company.
Le 28, 30 et 31 décembre, musique et chansons de Stephen Sondheim (livret Georges Furth), originellement mis en scène sur Broadway par Harold Prince pour des orchestrations de Jonathan Tunick.
« Company » à l’Opéra Grand Avignon
Larry Blank le chef d’orchestre à la direction du spectacle…
C’était la générale ce 27 décembre et déjà une ovation du public venu très nombreux assister à cette représentation Avignonnaise. Larry Blank est indissociable de Stephen Sondheim le compositeur de cette comédie musicale. Les deux hommes se connaissent depuis la fin des années 90, en autre pour une reprise de « Sweeney Todd » en 2002. Un tel talent fait résonance dans cet opéra d’Avignon avec une sonorité très américaine pour les cuivres et également avec le synthétiseur proche musicalement du clavier Rock-Si-Chord (utilisé à l’origine) pour les orchestrations de la musique très « American-life". Cet instrument des années 70 est aujourd’hui copié avec des clavecins modernes, c’est un émulateur dans les partitions, grâce en autre aux quatre octaves dotés d’un oscillateur dédié pour chaque touche.
C’est peut-être dans cette musicalité du spectacle venant de la fosse d’orchestre que la magie opère.

« Company » un sujet sur les relations « homme-femme » mis de nouveau au goût du jour !
La distribution française est composée des meilleurs acteurs-chanteurs de comédies musicales françaises et peut être même d’Europe ! Avec un casting prestigieux, « Bobby » le personnage principal de cette comédie est interprété par un Gaëtan Borg qui n’est pas un débutant du théâtre musical, il a endossé plusieurs premiers rôles dans les théâtres, dont « Les Parapluies de Cherbourg » ou « Sunset Boulevard ».

Dans son personnage à la fois enjôleur et coeur d’artichaut en amour, il a ce don de jouer, interpréter et danser tout au long de la représentation qui impose, un timing bien rodé sur les figures de style.
James Bonas un metteur en scène comblé
Si le spectacle dans sa narration évoque à l’ouverture un anniversaire d’un célibataire malheureux en amour, James Bonas a rigoureusement comblé ce vide affectif en surfant sur les artifices du coeur et de la passion sans prendre l’élan du mariage ou de l’installation d’un couple dans son quotidien le plus banal.
Le spectacle dans son origine de 1970, a à son époque, mis les danseurs et comédiens dans un registre coloré post-soixante huitard. James Bonas a commandé des décors plus haut et étroit, minimalisant ainsi sur le plancher de l’opéra des lumières et des jeux de couleurs projetés, influençant le défoulé des danseurs, rappelant ainsi cette frénésie de l’époque américaine de Broadway.

Visuellement on peut rendre aussi hommage à la metteur en scène Marianne Elliott qui en 2018 avait déjà chamboulé ce personnage de Bobby en héroïne féminine influencée par l’homosexualité.
Dans ce canevas « Company » reprend d’autres voies, d’autres formules par des interprètes hommes et femmes qui posent un spectacle offrant des scènettes sur la vie du couple et de la séduction : C’est beau, florissant et particulièrement gai !












