- Auteur Philippe Depetris
- Temps de lecture 3 min
David Fray et Daniel Lozakovich, un duo éblouissant à Monte-Carlo
Retour sur le concert du 22 janvier dans le cadre de la saison de l’Orchestre Philharmonique de Monte-Carlo 2025-2026. Une rencontre au sommet entre deux esthètes de la musique classique : le pianiste David Fray et le violoniste Daniel Lozakovich, lors de leur passage remarqué en Principauté.

Daniel Lozakovich et David Fray ©Philippe Depetris
Dans le cadre de la saison proposée par l’Orchestre Philharmonique de Monte-Carlo, le public a vécu un moment privilégié ce 22 janvier 2026, en l’auditorium Prince Rainier III de Monte-Carlo avec le concert en sonates donné par deux virtuoses : le pianiste David Fray et le violoniste Daniel Lozakovich.
Nous avions quitté le pianiste en fin d’année dernière sur les concerti de Bach qu’il avait interprété et dirigé avec maestria à la tête de l’orchestre en compagnie de trois de ses condisciples pianistes dont son maître Jacques Rouvier. On l’a retrouvé ici avec bonheur dans son duo d’exception aussi sensible qu’étincelant avec ce jeune violoniste à la maîtrise musicale et technique absolue.
Récital Daniel Lozakovich et David Fray
Sonate en si mineur BWV 1014 de Jean-Sébastien Bach
La sonate en si mineur BWV 1014 de Jean-Sébastien Bach qui ouvrait le programme a donné la tonalité de la soirée. Son écriture sollicite les deux interprètes dans un équilibre concertant qui dans l’interprétation du duo, reste d’un magnifique naturel tant dans la respiration que dans l’expressivité. Le piano attentif mais toujours présent de David Fray engage d’emblée ce dialogue privilégié dans l’émotion de l’adagio initial et souligne la construction de la sonate. Le chant virtuose et les sonorités d’une rare pureté du Stradivarius de Daniel Lozakovich déroulent ce discours concertant sans aucune emphase ni maniérisme dans une justesse de ton et d’émotions qui touche au plus profond du coeur.

Sonate en fa majeur K 377 de Mozart
Dans la sonate en fa majeur K 377 de Mozart qui suivra, les deux interprètes privilégieront une fois de plus l’expression, l’écoute, l’élan et la respiration commune. Nulle virtuosité inutile, nul vernis développé pour briller. Au contraire cette approche nuancée autant que le choix des tempi dans l’andante avec variations installe une sérénité inspirée et d’une profonde authenticité.
Sonate en la majeur opus 47 de Beethoven
Avec la sonate en la majeur opus 47 de Beethoven « A Kreutzer », la palette de couleurs développée de concert par les deux interprètes concentre le propos sur l’énergie organique et la dramaturgie que développe la partition. Cette lecture architecturée et poétique à la fois, dépouillée de toute lourdeur et de toute exagération désintellectualise la partition sans la vider de sa consistance. Cette conversation d’égal à égal d’une rare tension rythmique et d’un relief contrasté de moments d’une intense profondeur ainsi que l’engagement commun et la sensibilité partagée des deux interprètes vont déchainer l’enthousiasme du public.
Un bouleversant adagio de Bach, véritable signature de ce duo exceptionnel composé par David Fray et Daniel Lozakovich, puis une exécution incandescente du prélude et allegro de Pugnani-Kreisler, mettront un point final de ce concert qui restera un grand moment.











