- Auteur Marie-Céline SOLÉRIEU
- Temps de lecture 9 min
Festival Notre-Dame-de Vie Mougins : authenticité, diversité et émotion au programme de la 13ème édition (7 – 11 juillet 2026)
Le Festival Notre-Dame-de-Vie revient à Mougins pour une 13ème édition vibrante du 7 au 11 juillet 2026. Une parenthèse enchantée où l’authenticité des lieux sublime la diversité et l’émotion des interprètes. Rencontre avec Philippe Depetris, directeur artistique.

Smoking Joséphine : Geneviève Laurenceau, Olivia Hughes, Marie Chilemme, Hermine Horiot, Lorraine Campet
Nommé conseiller artistique du Festival Notre-Dame-de-Vie de Mougins l’année dernière par Richard Galy maire de la ville, le flûtiste Philippe Depetris présente la 13ème édition de ce festival qui s’inscrit de par la beauté de la Chapelle et son parvis dans lesquels il se déroule et par la qualité de sa programmation parmi les plus séduisants de la région Sud Provence-Alpes-Côte d’Azur. Rendez-vous est donné aux mélomanes pour cinq concerts d'été exceptionnels qui auront lieu du 7 au 11 juillet 2026, entre grands répertoires et évasions musicales.
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Festival Notre-Dame-de Vie Mougins 2026, Musique et Émotion à Mougins - Philippe Depetris, directeur artistique
La Chapelle Notre-Dame-de-Vie à Mougins : Un havre d'art et d'histoire

Qu’est-ce qui vous a conduit à accepter cette mission ?
Philippe Depetris : Je connais ce festival depuis longtemps puisqu’on m’avait demandé d’en présenter les soirées. Le parvis de cette chapelle séculaire à l'architecture romane, la chapelle Notre-Dame-de-Vie, magnifiquement rénové par la ville de Mougins, constitue un lieu inspiré et porteur depuis le XVIIème siècle dans son essence même de paix et d’émotions.
Ici entrent en résonance la vibration et la nécessité de cette rencontre privilégiée et essentielle avec la nature, le patrimoine et le spectacle vivant. Lieu d'inspiration, elle convoque le souvenir de Pablo Picasso qui termina sa vie à quelques pas d’ici, d’Arthur Rubinstein, Mstislav Rostropovitch, ou Charlie Chaplin qui venaient s’y ressourcer, ou encore de Sir Winston Churchill qui y planta son chevalet pour immortaliser ces paysages bucoliques aux allures toscanes.
Cette scène a accueilli au cours de l’histoire du festival, quelques-uns des solistes les plus prestigieux mais aussi des jeunes musiciens qui sont l’avenir de la musique classique. Elle offre en toute proximité et convivialité aux mélomanes une parenthèse enchantée et des moments de bonheur. Ce sont tous ces éléments qui m’ont conduit à m’engager dans cette belle aventure.
Musique classique et du monde
Comment avez-vous construit votre programmation 2026 ?
Philippe Depetris : Le succès des précédentes éditions et particulièrement de celle de l’année dernière, a conduit la ville de Mougins à proposer au public une date supplémentaire et c’est une excellente nouvelle. A l’heure où nombre de manifestations voient leur périmètre restreint, Mougins joue la carte de l’ouverture et de l’ambition. Sans nous éloigner du socle de la musique classique qui est l’ADN du festival, j’ai souhaité que d’autres expressions puissent enrichir la programmation.

Richard Galliano New Viaggio Trio
C’est ainsi que le concert du samedi 11 juillet 2026 sera dédié à l’un des musiciens français les plus emblématiques du jazz international, l’accordéoniste Richard Galliano né ici en Provence qui a hissé son instrument au firmament de la musique.
Une soirée événement pour le concert de clôture autour du thème « New Viaggio » que Richard Galliano avait enregistré il y a quelques années. Un voyage musical intemporel, empreint de poésie et d’émotion. Cette alchimie que cet immense artiste a choisi de faire revivre sur scène avec Adrien Moignard à la guitare dont l’oreille instinctive rappelle celle de Django Reinhardt et le bassiste Philippe Aerts qui apporte à cet édifice artistique de si solides fondations. Une formation en trio qui constitue pour lui une forme d’épure, un retour à ces essentiels : le son, la mélodie, les racines sur lesquelles a bâti sa vision musicale. Cette soirée est pour moi le symbole de l’authenticité de Richard Galliano.
Festival Notre-Dame-de Vie Mougins 2026, entre grands répertoires et évasions musicales
Une programmation équilibrée entre artistes français, talents internationaux et nouvelles découvertes
D’autres axes de réflexion dans cette proposition ?
J’ai souhaité rechercher un meilleur équilibre entre les artistes français, souvent locaux, qui mènent des carrières internationales brillantes mais paradoxalement ne sont pas assez invités dans leur propre pays, et les artistes étrangers que l’on a toujours plaisir à recevoir. Equilibre aussi entre les générations puisque dans sa réalisation autant que dans son appréciation, la notion d’âge doit selon moi être abolie.
Seuls doivent être pris en compte la qualité, l’enthousiasme et l’engagement. Nous avons eu aussi le souci d’harmoniser les programmes entre les œuvres les plus connues du répertoire que chacun aime entendre, avec la découverte de pépites musicales qui devraient séduire notre public. Enfin cette année honneur aussi aux dames puisque nous accueillons deux soirées que nous offriront de merveilleuses artistes.

Sergey Khachatryan et sa soeur Lusine
Première soirée le mardi 7 juillet ?
Nous commençons avec l’un des violonistes les plus flamboyants de sa génération, une star acclamée sur les plus importantes scènes du monde en la personne de Sergey Khatchatryan, plus jeune lauréat du concours Sibelius d’Helsinki et grand prix du concours Reine Elisabeth de Espagne qui sera accompagné par sa sœur Lusine. Virtuosité, sensibilité seront au rendez-vous dans un répertoire qui va de la construction architecturée de Jean Sébastien Bach à la virtuosité diabolique du «Tzigane » de Ravel en passant par l’expressivité inspirée et chargée d’émotion de deux compositeurs arméniens Komitas Vardapet et Eduard Baghdasaryan.
Le tout offert par un duo d’un frère et une sœur qui me rappelle celui, mythique, que formaient Yehudi Menuhin et sa sœur Hepzibah.

Nicolas Bringuier et Arthur Pizarro
Du piano à quatre-mains le mercredi 8 juillet ?
Oui. La programmation s’ouvre à cette formule originale et quasi-orchestrale, le piano à quatre-mains, que défendront deux solistes et chambristes au talent exceptionnel dans un thématique intitulée « Du Songe d’une nuit d’été aux Folies d’Espagne» avec Mendelssohn, Rachmaninov, Debussy, De Falla et Ravel.
Né à Nice Nicolas Bringuier s’est fait remarqué lors du Concours International R. Schumann de Zwickau, du Concours Maria Canals de Barcelone du Concours Chopin de Varsovie. Il fera équipe avec le pianiste portugais Arturo Pizzaro auréolé d’un 1er prix du concours international de piano de Leeds. Tous deux affichent leur abord enthousiaste et communicatif de la musique, leur complicité et leur respiration commune dans le partage, l’écoute et l’humilité que requiert l’art du piano à quatre-mains, avec cette spectaculaire chorégraphie des mains qui est déjà à elle seule un spectacle.

Anastasia Kobekina et Béatrice Berrut
Que diriez-vous du duo formé par la violoncelliste Anastasia Kobekina et la pianiste Béatrice Berrut que vous recevez le jeudi 9 juillet ?
C’est un dialogue profond qui est l’apanage de ce jeune duo, engagé, expressif et plein d’énergie, qui illustre à merveille la grande tradition de la formule violoncelle -piano. Le talent d’Anastasia Kobekina s’est révélé en juin 2019, lorsqu’elle a remporté la médaille de bronze au XVIe Concours international Tchaïkovski de Saint-Pétersbourg. Elle fait corps avec son violoncelle Stradivarius de 1698 dont elle tire des sonorités colorées d’une rare densité qui rappellent la voix humaine, déployant une intensité intérieure toujours habitée et une musicalité de tous les instants.
Béatrice Berrut pianiste et compositrice, est une musicienne raffinée qui joue véritablement son rôle de co-interprète modelant avec sa partenaire nuances, couleurs et dynamiques dans un partage musical vivant. Leur programme à la tonalité romantique avec Schumann, Brahms et Rachmaninov va nous permettre de découvrir une composition de Béatrice, « L’Ange », inspirée d’un poème de Rainer Maria Rilke. L’humain, fragile et hésitant, s’y mesure à la présence d’un ange inaccessible. Le violoncelle est une voix intérieure, incarnée et vulnérable et le piano dessine l’architecture froide et lumineuse de l’ange. Tout cela résume la profondeur du duo que nous allons entendre.
Smoking Joséphine avec Geneviève Laurenceau, Olivia Hughes, Marie Chilemme, Hermine Horiot, Lorraine Campet
Place à l’amour le vendredi 10 juillet ?
Encore un programme qui me tient à cœur ! J’éprouve une grande admiration pour mon amie Geneviève Laurenceau qui est à l’origine de cet ensemble au nom étonnant « Smoking Joséphine ». Magnifique violoniste, super soliste que l’Orchestre de Toulouse a laissé s’échapper pour notre plus grand bonheur puisque nous avons la chance de l’entendre en solo sur les plus belles scènes, intensément créative elle a réuni autour d’elles cinq musiciennes d’exception sur ce projet original. Olivia Hughes violon solo à l’Orchestre de chambre de Paris, Marie Chilemme, altiste du célèbre quatuor Ebène, la violoncelliste Hermine Horiot et la contrebassiste Lorraine Campet « Révélation Soliste Instrumental aux Victoires de la Musique Classique 2025 », super soliste de l’Orchestre national de l’opéra de Paris, convoquent pour notre plus grand plaisir Liszt, Prokofiev, Saint-Saëns, Kreisler et Bernstein avec spontanéité, charme et humour.
Ces cinq musiciennes sortent des sentiers battus pour exprimer un hymne à l’amour léger, romantique, dramatique, sarcastique, heureux ou malheureux qui célèbre la musique classique en rassemblant de grands airs passionnés, émouvants et puissants, autour du thème éternel de l’amour.
Informations pratiques, réservations, billetterie Festival Notre-Dame-de Vie 2026 à Mougins
Chapelle Notre-Dame-de Vie
501-869 Chem. de la Chapelle
06250 Mougins
mougins.fr











