- Auteur Thierry de Lestang-Parade
- Temps de lecture 3 min
Le théâtre des vanités avec Jean-Paul Rouve dans Le Bourgeois Gentilhomme – Festival Pierre Cardin à Lacoste
« Un homme de qualité » : c’est ce que rêve de devenir Monsieur Jourdain, et Jean-Paul Rouve en fait une leçon de comique féroce. Le mardi 21 juillet 2026, aux Carrières de Lacoste, le comédien incarne ce bourgeois obsédé par les apparences, dans une mise en scène signée Jérémie Lippman pour le Festival Pierre Cardin. Molière y dissèque, avec une férocité toujours actuelle, la fascination pour ce qui brille.

Photo et extrait vidéo des saluts . Le Bourgeois gentilhomme de Molière avec Jean-Paul Rouve le 21 juillet 2026 au Festival Pierre Cardin à Lacoste. ©MCS
Avec Le Bourgeois Gentilhomme joué par Jean-Paul Rouve dans le rôle principal de Monsieur Jourdain, c'est la farce qui s'exprime aux Carrières de Lacoste dans le Vaucluse le mardi 21 juillet 2026 dans le cadre du Festival Pierre Cardin. Le décor s'éloigne de la simplicité. Des façades figurent du marbre et des piliers sont surmontés de dorures.
Jean-Paul Rouve transforme Monsieur Jourdain en bourgeois ridicule et attachant à Lacoste
Jean-Paul Rouve, un regard féroce sur Monsieur Jourdain
Dans cette mise en scène décalée de Jérémie Lippmann, le comédien à l'affiche du Festival Pierre Cardin se montre particulièrement convaincant. Une simple mimique, un geste du bras, expriment le ridicule d'un homme qui veut devenir « un homme de qualité. »
La pièce de Molière, écrite en 1670, est pleine de saveur. Dans cette fable, Molière se montre féroce à l'égard du bourgeois qui veut imiter coûte que coûte l'aristocrate. Mais il ne se prosterne en rien vis-à-vis du pouvoir. Un comte se montre avide, malhonnête, menteur et creux.
Le Bourgeois Gentilhomme, le récit d'une lutte sociale
Le Bourgeois Gentilhomme annonce, peut-être, curieusement la Révolution française. C'est le récit d'une classe qui veut s'élever dans le fracas de la gaudriole. Elle est condamnée au ridicule et ne peut accéder plus tard au sommet de la société qu'avec le renfort de la violence.
Molière et la fascination pour ce qui brille
Avec Molière, on n'en est pas encore là. Mais il n'est pas un courtisan. Sous couvert de plaisanteries, de quiproquos, c'est un auteur acide qui exhibe les excès d'une société figée. Elle n'a pas tellement changé avec notre époque. Certes, personne ne se promène en perruque… Mais le règne des apparences n'est pas achevé.
Le théâtre des ambitions n'a pas dévié de son souci du paraître, de son goût pour le clinquant. La fascination pour ce qui brille, la course vers les puissants, la recherche de privilèges, ne sont pas effacées. L'ascenseur social reste quelquefois bloqué au sous-sol.
Un Molière moraliste et romantique
Molière est un moraliste. Avec le vernis du rire, il excelle à exprimer ses vérités. La pièce est un tourbillon de scènes hilarantes avec le concours d'une troupe inspirée. Un spectacle réjouissant et efficace pour méditer sur les vrais saveurs de l'existence. Molière est aussi un romantique.
Dans Le Bourgeois Gentilhomme, c'est l'amour qui tient le premier rôle.












