- Auteur Éric Fontaine
- Temps de lecture 5 min
Yasmine Hamdan à Paloma Nîmes : la magie de la musique indépendante au rendez-vous
Le 28 février 2026, la chanteuse Yasmine Hamdan investissait la scène de Paloma pour un concert envoûtant. Entre pop orientale et sonorités électro, l’artiste a déployé toute la singularité et la poésie de la scène indépendante.

Yasmine Hamdan en concert à Paloma Nîmes ©Eric Fontaine
Retour sur le concert de Yasmine Hamdan à Paloma Nîmes, le samedi 28 février 2026.
À Nîmes, Yasmine Hamdan envoûte le public de Paloma lors de son concert
Les albums de Yasmine Hamdan
Yasmine Hamdan s’est d’abord insérée sur la scène musicale avec le duo indie - électronique, binôme pionnier de Beyrouth baptisé « Soap kills » (savon qui tue).
Elle a cofondé avec Zeid Hamdan à la fin des années 90, et impose son style trip hop au Liban. Le groupe s’inspire de la musique arabe de Oum Kalthoum, Asmahan mais aussi de Massive Attack. Les chants sont en arabe et anglais et s’inspirent d’un pays qui essaye de se reconstruire sur les cendres de la guerre civile.
Après avoir déménagé à Paris en 2005, Yasmine a collaboré avec le producteur de Madonna, Mirwais, pour le projet Y.A.S., sortant l’album Arabology au son club sophistiqué chez Universal en 2009. Yasmine Hamdan collabore avec Jim Jarmusch et fait la connaissance de son futur mari, le réalisateur palestinien Elia Suleiman qui influence discrètement cet esprit musical proche du 7ème art, posant de la sorte l’évolution de la chanteuse.
Depuis, avec plusieurs albums dont le dernier "I remember I forget", elle s’est propulsée sur la scène internationale et a acquis une reconnaissance en tant qu’auteure-compositrice-interprète et productrice solo, entremêlant avec élégance des éléments variés allant de ses racines perses et arabes.
Influencée par la pop, elle manie des textes poétiques dans ses chansons, en passant par une musique plus électro, dont la soul et les mélodies à la guitare entretiennent un groove puissant et savamment orchestré.

Le Tarouida, une musique traditionnelle palestinienne
Yasmine a repris cet air remis au goût du jour par l’intelligence artificielle qui est très ancien, et qui prend naissance dans le chant de ces femmes palestiniennes venant aux portes des prisons, exprimant leurs pleurs par ces complaintes nostalgiques et tristes. « Chma Ali » est l’un des morceaux le plus emblématique de cette musique proche du soufisme.
Sa collaboration avec le producteur Marc Collin (groupe new wave Spleen Idéal) a également renforcé sa musique forgée il y a plus de 20 ans. Yasmine Hamdan bénéficie d’un savoir musical issu du projet « Nouvelle Vague » qui reprend les grands standards de la synthpop ou de la cold wave dont on retrouve également Nicolas Godin (Air) aux créations plus soft alliant synthétiseurs et guitare électrique.
La musicienne de 50 ans, on l’a compris sait s’entourer de collaborateurs et musiciens. Son live revu et adapté prend en compte l’univers de la chanteuse qui puise son spleen à travers son pays natal « Beirut » en est la preuve flagrante de cette dystopie mise en avant dans un texte très nostalgique.
Aujourd’hui avec les évènements de cet état d’Asie au confluent du Proche Orient, on ne peut pas oublier que la chanteuse a une vague à l’âme musicale très forte. Pour celle, dont les influences musicales se sont tournées vers le chanteur Christophe (elle a chanté en duo avec lui), son feeling pose aussi les bases de chants en arabe, lui permettant de faire un fil conducteur entre la tradition, plus folk, et la modernité sonore de ses derniers titres.
Sur son album un remix électro, avec une collaboration de Deena Abdelwaheed mise au goût du jour !
La chanteuse Tunisienne qui a monté le collectif « Arabstazy » il y a 10 ans à Toulouse, a aussi collaboré sur ces nouvelles pistes sonores que Yasmine Hamdan nourrit, dans son dernier album. Avec un esprit plus volcanique, des rifles pop qui émergent de ces scènes alternatives du Maghreb, les cadences électro acoustique de Deena (Jbal Rrsas) multiplient les pistes musicales et donne un ton fleurant et enjoué.
Cette simili house music amplifie les basses prenant alors la voie d’une musique alternative. Dans ses programmes musicaux la chanteuse arrive à coupler admirablement bien son intonation qui parfois rejoint les rythmes de Natacha Atlas, allant de l’esprit punk à un son oriental proche d’Acid Arab, pour des influences multiples.
Paloma est la scène musicale qui offre une acoustique idéale pour des scènes intimistes
« J’aurais tant aimé avoir plus de temps pour visiter Nîmes » annonce t’elle au public venu en connaisseur à Paloma. L’artiste entourée de ses musiciens perfectionnistes semble planer dans son propre registre mélodieux, un verre de vodka entre des morceaux parfaitement équilibrés, dans la note intimiste, ciselée par des textes en arabe.
Le spleen de Beirut remplit l’espace de la grande salle de Paloma…En sortie de concert, le coeur serré par les émotions que Yasmine a dilué, difficile de ne pas penser au conflit qui règne en ce moment au moyen-orient, si la musique adoucit les moeurs la chanteuse Franco Libanaise a réussi le temps d’un soir de nous faire oublier, que son registre musical a été un antidote bénéfique à l’ambiance morose de cette fin d’hiver.











