Publié le 01/02/2026

Opéra Grand Avignon : avec Étincelles, Célia Oneto Bensaid et l’Orchestre National Avignon-Provence célèbrent le génie romantique

Retour sur le concert étincelant de la pianiste Célia Oneto Bensaïd avec l’Orchestre national Avignon-Provence, ce vendredi 30 janvier à l’Opéra Grand Avignon. Très apprécié du public, ce concert remarquable s’est distingué par la virtuosité de la soliste et l’interprétation de deux concertos, plaçant cette soirée parmi les moments rares.

celia oneto bensaid marie jaell

Célia Oneto Bensaid au sommet de son art ©Jacques Jarmasson

Des étincelles ont foisonné à l’Opéra Grand Avignon, ce vendredi 30 janvier, lors du concert de l’Orchestre national Avignon-Provence, avec en soliste invitée la pianiste Célia Oneto Bensaïd.

Un programme lumineux, où le temps semblait suspendu et où l’histoire de la musique cessait d’être une succession d’œuvres pour devenir une matière vivante. L’interprétation de deux concertos par la soliste a été particulièrement remarquée et saluée par le public, classant ce concert symphonique parmi les moments rares.

Ce programme a été repris le dimanche 1er février à l’Ombrière d’Uzès, dans le cadre des Nuits Musicales, et a rencontré un accueil tout aussi enthousiaste.

Carl Maria von Weber, Der Freischütz, ouverture
Marie Jaëll, Concerto pour piano et orchestre, n°2 en ut mineur
Franz Liszt, Concerto pour piano n°2, en la majeur s. 125
Franz Schubert, Symphonie n°8 en si mineur, D. 759 « Symphonie inachevée »

L'Orchestre national Avignon-Provence sous la direction musicale de Debora Waldman
© Jacques Jarmasson

Concert Étincelles avec Célia Oneto Bensaid et l’Orchestre National Avignon-Provence

Franz Schubert, Symphonie n°8 en si mineur, D. 759 « Symphonie inachevée »

Dès les premières mesures, le ton était donné. La Symphonie n°8 « Inachevée » de Franz Schubert a eu pour mission d’introduire la soirée dans une chaleureuse atmosphère. L’Orchestre national Avignon-Provence, sous la baguette de Debora Waldman, a atteint une densité expressive saisissante.  Auréolée du mystère de son inachèvement, donc plus courte et plus intime aussi que la fameuse symphonie numéro 9 dite grande symphonie,  l’Inachevée est vite devenue l’œuvre de Schubert la plus populaire et  la plus souvent jouée, alors qu’elle fut créée par Johann Herbeck presque 40 ans après la mort de l’auteur.

Célia Oneto Bensaid au sommet de son art

Célia Oneto Bensaid - ©Jacques Jarmasson

Franz Liszt, Concerto pour piano n°2, en la majeur s. 125

L’élan romantique s’est prolongé avec le Concerto pour piano n°2 en la majeur de Franz Liszt. Une fois de plus, Célia Oneto Bensaid impressionne par son sens architectural. Jamais démonstrative,  elle en restitue la poésie et l’élan mystique du compositeur Hongrois, considéré de son temps comme le plus grand virtuose sur son instrument. Il suffit d’ailleurs de se souvenir du disque Étincelles, gravé par Célia Oneto Bensaid, Débora Waldman et l’Orchestre national Avignon-Provence, pour mesurer la puissance émotionnelle de cet univers. Le programme de la soirée en a constitué sa version vivante.

Carl Maria von Weber, Der Freischütz, ouverture

En début de deuxième partie, l’ouverture de Der Freischützde Carl Mariavon Weber surgit comme une forêt enchantée, à la fois mystérieuse et héroïque. Weber, ici, n’est pas seulement un précurseur du romantisme allemand. L’orchestre avignonnais en a restitué toute la dimension à la fois féérique et dramatique, avec précision et intensité. Sous la baguette de sa cheffe Debora Waldman, l’Orchestre national Avignon-Provence a déployé une fois encore son immense talent.

Marie Jaëll, Concerto pour piano et orchestre, n°2 en ut mineur

« Il n’y a qu’une seule personne qui sache jouer Liszt : c’est Marie Jaëll. »
Camille Saint-Saëns

Mais le cœur incandescent de la soirée réside dans la mise à l’honneur d’une figure encore trop injustement méconnue : Marie Jaëll. Son Concerto pour piano et orchestre n°2 en ut mineur apparaît comme une révélation absolue. Œuvre d’une audace formelle et expressive, elle déploie un langage pianistique d’une grande richesse, à la fois virtuose et chaleureuse.

Dans cette œuvre composée en 1882, au piano, Célia Oneto Bensaid a livré une interprétation brillante, d’une clarté de jeu exceptionnelle, embrasant littéralement chaque phrase. Son toucher allie avec bonheur la très haute technicité de la concertiste à une délicatesse bouleversante. Le dialogue avec l’orchestre, finement sculpté par Debora Waldman, atteint ici une fusion parfaite. Le public Avignonnais ne s’y est pas trompé et a réservé à la concertiste comme à l’Orchestre national Avignon-Provence une véritable ovation en fin de programme.

Une soirée étincelante, au sens le plus noble du terme. 

Ce concert, pensé comme un tout cohérent, s’est imposé comme l’une des plus grandes réussites de la saison. Il célèbre le romantisme dans ce qu’il a de plus audacieux, de plus libre, de plus visionnaire. 

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