- Auteur Marie-Céline SOLÉRIEU
- Temps de lecture 3 min
Sept opéras, un seul piano : Jean-Paul Gasparian dévoile son prochain disque Liszt
« L’interprétation est toujours le reflet de l’interprète. » Invité de La Vague Classique à Six-Fours-les-Plages, le pianiste franco-arménien Jean-Paul Gasparian retrouvait la Maison du Cygne avec un programme Debussy, Fauré et Chopin. Entre deux répétitions, il nous parle de liberté, de temps suspendu et dévoile en avant-première son prochain disque Liszt.

Interview vidéo de Jean-Paul Gasparian à la Maison du Cygne, avant son récital du 20 juin 2026 au festival Six Fours La Vague classique. ©Marie-Céline Solérieu
Invité de La Vague Classique à Six-Fours-les-Plages le 20 juin 2026, Jean-Paul Gasparian retrouvait la scène de la Maison du Cygne. Entre deux répétitions, il nous parle de Chopin, de liberté et de ce disque Liszt consacré à l'opéra dont il dévoile ici le titre en avant-première d'un disque encore secret.
Le pianiste franco-arménien, qui avait joué ici une première fois en 2022 Debussy-Brahms : le premier cahier des Préludes et la Première Sonate, revient avec Debussy, Fauré et Chopin. Au programme : la Suite bergamasque et Fêtes de Debussy dans sa transcription pour piano, les Nocturnes n° 6 op. 63 et n° 13 op. 119 de Fauré, puis, en seconde partie, la Ballade n° 3 op. 47, les Mazurkas op. 59, les Valses op. 64 et la Polonaise héroïque op. 53 de Chopin.
Jean-Paul Gasparian : « L'interprétation est toujours le reflet de l'interprète »
Chopin, Debussy, Fauré : une filiation française
Trois noms, un même fil : celui de « cet âge d'or de la musique française, au carrefour du XIXᵉ et du XXᵉ siècle ». Ce que Jankélévitch appelait « le goût de la sonorité en soi ». « Cette volupté sonore, ce sensualisme harmonique, ce sont des choses qui viennent pour beaucoup de Chopin », explique le pianiste. Mais aussi la concision de la forme, l'économie des moyens, « cette idée que la beauté peut résider dans la légèreté et la grâce, pas seulement dans le bruit et la fureur ». Et puis ce rapport à l'instrument, « ce pianisme si coloré et si poétique ».
Le concert selon Jean-Paul Gasparian, un art du temps
La musique, rappelle-t-il, est « un art du temps par excellence » : les œuvres existent sur le papier, mais elles ne prennent vie qu'au concert. Une heure, deux parfois, « toujours un moment un petit peu exceptionnel, à la fois pour l'interprète et pour ceux qui écoutent ». Une parenthèse enchantée, dit-il, où le public s'échappe de ses tracas et de ses obligations pour se laisser porter.
Debussy, Beethoven et la question de la singularité
Reste la question qui hante tout interprète d'aujourd'hui. Plus d'un siècle de discographie, les grandes œuvres enregistrées des centaines de fois : « Il peut y avoir quelque chose de décourageant quand on ouvre une partition de Debussy ou de Beethoven. » Sa réponse tient en un mot : la singularité. « L'interprétation est toujours le reflet de l'interprète, de son expérience, de ses goûts, de ses passions. »
On parle beaucoup de lui, ces temps-ci. Il s'en amuse. Pas de concours miracle ni de bascule spectaculaire dans son parcours, plutôt « une progression au fil des ans » qui lui a laissé le temps de se former, d'élargir son répertoire, et le plaisir intact de voyager.
Une nuit à l'opéra : Liszt d'après Verdi et Wagner
Après Origins (2024), disque intime consacré à la musique arménienne, il nous confie en avant-première le titre du suivant : Une nuit à l'opéra. Un florilège de transcriptions de Liszt d'après Bellini, Verdi et Wagner — Rigoletto, Aïda, Don Carlos, Le Trouvère, Tristan et Isolde, Tannhäuser, Norma. Sortie le 25 septembre 2026 chez Naïve, récital de sortie à la salle Gaveau le 9 octobre 2026.












