- Auteur Thierry de Lestang-Parade
- Temps de lecture 3 min
« La Sultane », d’André Manoukian, entre jazz, musique orientale, et flamenco
« La Sultane », c’est ainsi que la mère d’André Manoukian appelait sa petite sœur avant de l’embrasser. De ce souvenir tendre naît un album où se mêlent tablas indiens, percussions sud-américaines et racines arméniennes. Le pianiste, qui préside le festival Les Baux Pianos les 27 et 28 juin 2026, livre une œuvre envoûtante, entre fragilité de la vie et force de l’amour.

Dans son album « Sultane », André Manoukian continue d’explorer ses racines à travers le jazz, les musiques traditionnelles et le classique. Un CD ensorcelant avec de superbes arrangements.
Le dernier disque d'André Manoukian s'appelle La Sultane. Paru chez Pias, il est enraciné dans son histoire intime. Le titre vient du souvenir de sa mère appelant ainsi la petite sœur d'André Manoukian avant de l'embrasser. Ce choix exprime la force de l'amour et la fragilité de la vie.
Avec "La Sultane", André Manoukian fusionne Orient et modernité dans son nouvel album
Soleil et tempête
La famille d'André Manoukian est originaire d'Arménie. Elle sait que les soleils éclatants peuvent annoncer des déluges mortels. Surtout quand les hommes sont guidés par la haine.
André Manoukian préside le festival Les Baux Pianos qui se tient aux Carrières des Lumières des Baux-de-Provence le samedi 27 et le dimanche 28 juin 2026. Le public pourra y apprécier un éventail de cette dernière œuvre multicolore. Sultane est envoûtante.
André Manoukian joue ces deux soirées
C'est la rencontre de plusieurs cultures. Sur Sultane, la mélodie de ce premier titre composé par André Manoukian est tendre, plutôt joyeuse, avec un piano qui domine et entraîne.
La tendresse de l'enfance affleure. Il y a l'e concours l'ensemble de tablas, des percussions en provenance d'Inde, et des résonances du cajon puisées en Amérique du sud.
Sorhag, le rossignol et le faucon, est porté par la voix d'Arpi Alto, une chanteuse arménienne renforcée par un chœur . La musique folklorique bulgare n'est pas loin. Mais ces sons ne peuvent se résumer à une origine. André Manoukian apprécie le foisonnement des rencontres.

Broderies sonores
Les notes se suivent comme des gouttes d'eau sur Watergame. L'approche d'André Manoukian reflète un goût pour les sons lumineux, chatoyants, comme une étoffe orientale. Les broderies sonores enrichissent la mélodie sans jamais s'éloigner de la clarté immédiate. Cette musique, ouverte sur le monde reste accessible. Les constructions sont complexes mais destinées à conquérir à coup sûr. Bohemian Waltz est pleine de lyrisme. Armenian Flower débute sur des notes légères et puis l'émotion surgit et s'impose, de plus en plus profonde.
Une invitation à la rêverie
Les sons proposés sont une invitation à la rêverie, au départ pour un grand voyage. Chaque auditeur bâtit son périple. La musique classique est présente comme des accents lointains. On entend aussi une petite touche d'un genre oublié, le rock progressif. C'est celui qui se rapproche le plus justement de compositeurs comme Bartok. Les folklores ressuscitent. Ils racontent des déracinements sans apitoiement.











