- Auteur Thierry de Lestang-Parade
- Temps de lecture 4 min
Le trio Fresu, Sosa, Gurtu après un hommage à Keith Jarrett : la revanche du jazz près de Nîmes
La musique triomphe du malheur. Le samedi 3 octobre 2026, à Marguerittes, le pianiste François Mardirossian rend hommage à Keith Jarrett avec The Köln Concert, avant que le trio de Paolo Fresu, Omar Sosa et Trilok Gurtu n’emmène le public du jazz-rock de Miles Davis au râga indien, en clôture de cette soirée du Nîmes Métropole Jazz Festival.

Omar Sosa, Paolo Fresu et Trilok Gurtu en trio au Nîmes Métropole Jazz Festival, salle polyvalente Louis Picard Peyrouse de Marguerittes, le samedi 3 octobre 2026. ©MCS
Extrait vidéo : ©MCS
François Mardirossian, pianiste, ne craint pas d'escalader une montagne le samedi 3 octobre 2026, en ouverture de la soirée du trio Fresu, Sosa, Gurtu au Nîmes Métropole Jazz Festival, dans la salle polyvalente Louis Picard Peyrouse de Marguerittes, dans le Gard. En première partie, il joue The Köln Concert, le concert de Cologne de Keith Jarrett. Petits cris en moins, notes plus rapides, la magie opère. Keith Jarrett, assailli par la maladie, ne donne plus de concert.

Hommage à Keith Jarrett : un silence respectueux
C'est le silence respectueux de l'assistance qui salue cet hommage. C'est la revanche du jazz. La musique triomphe du malheur, de l'usure des hommes. C'est une ode à la vie. L'œuvre de Jarrett étincelle. Tout en restant unique. Le jeu de François Mardirossian en restitue les nuances. Mais il lui manque peut-être encore des blessures, le parcours de vie de Jarrett. Qui peut jouer Miles Davis à la note près en égalant Miles Davis ? C'est pareil. Beau, mais cela n'est pas l'original. Heureusement, d'ailleurs.
Fresu, Sosa, Gurtu : un trio enflammé par la joie de s'amuser
La seconde partie du concert propose ce soir-là un univers bien différent. C'est la réunion de trois personnalités, trois cultures : le bugle de Paolo Fresu, qui vient de Sardaigne, Omar Sosa, le plus bouillonnant des pianistes cubains, et Trilok Gurtu, un percussionniste d'Inde.

Du jazz-rock de Miles Davis au râga indien
La musique de la Nouvelle-Orléans est loin. On est au cœur du jazz-rock de Miles Davis. Mais le trio s'en éloigne pour bâtir un univers plus luxuriant. Il est peuplé de cris d'oiseaux, du souffle du vent, de râga indien.
C'est le prétexte à une savoureuse joute verbale entre Omar Sosa et Trilok Gurtu. Les mots, rapides comme des flèches, deviennent des notes qui fusent.

Les musiciens larguent les amarres pour nous entraîner ailleurs. Ils défrichent, se regardent, s'écoutent, puis se prennent la main pour saluer leur performance commune.

Lire aussi : notre annonce du concert de Paolo Fresu près de Nîmes et notre critique de New Vienna, de Keith Jarrett.












