- Auteur Alexandre Riedès
- Temps de lecture 4 min
Au Festival d’art sacré d’Antibes, Maurizio Dones fait triompher le Gloria de Vivaldi
Une cathédrale comble et des applaudissements sans fin : ce vendredi 11 septembre, le 35e Festival d’art sacré d’Antibes a lancé son édition sur un Gloria de Vivaldi mené au triomphe. À la tête de la Nuova Cameristica di Milano, le chef Maurizio Dones signe une lecture d’une précision rare. Autour de lui : Vincent Tizon, Leslie Visco, Anthéa Pichanick.

Une interprétation exceptionnelle du Gloria de Vivaldi ce vendredi 11 septembre 2026 pour l’ouverture de la 35è édition du Festival d’art Sacré d’Antibes © Alexandre Riedès
Cathédrale d'Antibes, vendredi 11 septembre 2026 : le concert inaugural du 35e Festival d'art sacré d'Antibes, conclu par le Gloria de Vivaldi sous la direction de Maurizio Dones, a réuni dans une cathédrale comble un public enthousiaste et incontestablement séduit par le haut niveau d'interprétation des intervenants.
Maurizio Dones et la Nuova Cameristica ouvrent le Festival d'art sacré d'Antibes 2026
L'artisan de ce succès a été le chef italien Maurizio Dones, qui était à la tête de son orchestre, la Nuova Cameristica di Milano, en grande forme, et dont la cohésion et la sonorité d'ensemble ont fait merveille tout au long de la soirée.
Gabriele Oliveti, violon solo de la Nuova Cameristica di Milano
La générosité du jeu et le lyrisme de ces cordes italiennes ensoleillées (bravo au violon solo de la formation, Gabriele Oliveti) savent admirablement trouver dans les différences de nuances et de dynamique les contrastes qui mettent en exergue les différents moments de la musique, le relief demandé par le chef.
La précision de la direction de Maurizio Dones, son sens du détail et sa manière de faire sonner l'orchestre sont incontestablement le signe d'une profonde connaissance de cette musique baroque italienne. Le respect absolu du texte aura gommé dans cette lecture toute exagération inutile. De même que les tempi imprimés, qui valorisent l'écriture sans la dénaturer. Du grand art !

© Alexandre Riedès
Vincent Tizon, hautbois solo, dans le concerto de Marcello
L'adagio central du concerto pour hautbois, sommet de la soirée
Le concert débutait par le concerto pour hautbois de Alessandro Marcello, dont le soliste était Vincent Tizon, soliste de l'Orchestre national de Cannes (que l'on retrouvera à Antibes le 25 septembre). Une sonorité époustouflante, un phrasé et une musicalité impressionnants sont l'apanage de ce musicien d'exception, demandé à juste titre sur de nombreuses scènes européennes. Que ce soit dans l'allegro initial ou dans le presto final, la virtuosité agile de Vincent Tizon a donné le ton de la soirée, le sommet du concerto étant le bouleversant et célébrissime adagio central, sublimé par l'interprète.
Ferveur et intensité émotionnelle : le Salve Regina de Pergolèse par Leslie Visco
Suivait le Salve Regina en la mineur de Pergolèse, empreint d'une profonde ferveur et d'une grande intensité émotionnelle. La voix aérienne de la soprano napolitaine Leslie Visco s'y déploie au-dessus d'un accompagnement de cordes et de continuo d'une grande finesse, dans un dialogue subtil entre lyrisme et recueillement. Là aussi, grâce au talent de Maurizio Dones et de ses musiciens, la simplicité apparente de l'écriture révèle l'expression intime de cette prière, dans laquelle la fragilité de la voix humaine rencontre la lumière, la douceur et l'intériorité de la musique.
Après la très intime sinfonia pour cordes Al Santo Sepolcro de Vivaldi, la soirée s'est conclue triomphalement par l'exécution du célèbre Gloria du maître vénitien.
Un triomphe pour le Gloria de Vivaldi à la cathédrale d'Antibes
Anthéa Pichanick remplace Giorgia Gazzola au pied levé
Les exécutants ont véritablement tout donné dans cette proposition, depuis le chef Maurizio Dones jusqu'à l'orchestre, à l'excellent chœur Licabella de Lecco préparés par Flora-Anna Spreafico et aux deux chanteuses solistes, Leslie Visco et la mezzo française Anthéa Pichanick, qui a remplacé au pied levé Giorgia Gazzola, souffrante.

De l'éclat au recueillement, du lyrisme à la virtuosité, cette interprétation a mis en valeur la musique à la fois lumineuse, théâtrale et d'une haute spiritualité, et le formidable dialogue entre la puissance d'un chœur homogène aux voix bien travaillées et deux solistes qui nous ont offert, au-delà de la beauté de leurs voix, une rare émotion.
Grâce à leur engagement, tous nous ont fait redécouvrir, si besoin était, toute la richesse expressive de la musique sacrée de Vivaldi et de cette œuvre intemporelle. Le public ne s'y est pas trompé, qui a offert aux interprètes des applaudissements sans fin.












