- Auteur Éric Fontaine
- Temps de lecture 6 min
Parcelle473, le musée street art de Montpellier qui s’expose avec le Centre Pompidou
Sur les hauteurs de Montpellier, un ancien domaine viticole du XIXe siècle abrite un musée pas comme les autres. Parcelle473 célèbre l’art urbain avec une ambition rare : rendre l’art accessible à tous, des écoliers aux collectionneurs. Jusqu’au 20 septembre 2026, le lieu accueille deux expositions exceptionnelles — dont une consacrée à Fabien Verschaere, artiste disparu tragiquement, en partenariat avec le Centre Pompidou

Fabien Verschaere peignant une œuvre aux créatures colorées, entouré de ses toiles bariolées, exposition 1+1=11 au musée Parcelle473 Montpellier, en partenariat avec le Centre Pompidou
L'association Parcelle473 est née d'une initiative de Laurent Rigail fils d’agriculteur, collectionneur d’art et galeriste, passionné par la peinture, le graphisme et la sculpture, et surtout par goût du partage.
Actuellement deux expositions temporaires art urbain sont à voir à Montpellier au Musée Parcelle473 jusqu'au 20 septembre 2026 :
1+1=11 - Fabien Verschaere : en partenariat avec le Centre Pompidou
Le chant du métal de Fernand Costa
« Vous savez j’ai acquis ce lieu de mon grand-père, et pu réaliser mon rêve d’offrir aux visiteurs, aux écoliers, aux artistes, un lieu "underground" complètement lié aux arts urbains et à la transmission artistique » nous commente Laurent lors de notre visite dans l’antre de son musée « qui s’autofinance avec les dons et les entrées du public », Laurent Rigail qui tient à nous préciser le sourire aux lèvres.
Parcelle473 : un musée dédié à l'art urbain à Montpellier
Situé sur les hauteurs de Montpellier, le lieu baptisé Parcelle473 est installé dans l’ancien domaine viticole Le Coteau, une exploitation familiale fondée en 1894. Le musée s’étend sur 1500 m², dont 300 m² consacrés à l’exposition permanente des œuvres d’art. Un des objectifs majeurs du Parcelle473 est de rendre l’art accessible à tous. En intégrant l’art urbain, considéré par Laurent Rigail, comme un mouvement essentiel de l’histoire de l’art contemporain.
Si le musée cherche à valoriser ce mouvement artistique, c’est dans le but de tisser des liens entre les individus, venant d’horizons divers. Sa vocation est de réussir à mobiliser les pensées collectives pour pouvoir créer des vocations.
Fabien Verschaere : l'exposition « 1+1=11 » en partenariat avec le Centre Pompidou
Fabien Verschaere, artiste aujourd’hui disparu tragiquement, a investi une partie du musée, pour présenter un travail artistique et pédagogique. L’artiste de 50 ans s’est battu toute sa vie contre une maladie génétique orpheline.
Il a élaboré une œuvre bariolée, immédiatement reconnaissable grâce à une touche artistique très singulière. Cet univers foisonnant inspiré du monde de l’enfance est peuplé de super-héros, de fantômes goguenards, de clowns, d’oursons en peluche, de châteaux forts, de couronnes de rois, d’arbres hurlants, et autres créatures hybrides pouvant toutes appartenir à l’historique d’un conte fantastique. Pour le plasticien réaliser une oeuvre, c’était accomplir la métamorphose d’une imagination au service de l’irréel. À ce titre, Fabien Verschaere s’inscrit totalement dans les grands concepteurs de l’art, ceux dont le génie n’a aucune barrière cérébrale.
Dans le musée Parcelle473, on est surpris par l’enthousiasme du public présent, en l’occurence une classe d’élèves en primaire, ces derniers peuvent regarder et toucher les œuvres de Fabien comme l'aurait voulu ce grand artiste qui a étudié aux Beaux-Arts de Paris où il a eu de grands professeurs. Il a notamment été l’assistant du sculpteur César pendant un temps. Il a également rencontré et côtoyé de nombreux artistes, comme le plasticien Bernar Venet. Depuis ses premières expositions personnelles, il a vécu de son travail.
Banksy, M.Chat, Speedy Graphito : le street art politique et militant en images
Le street art entretient une relation étroite avec la guerre, le mur de Berlin en est le mythique témoin jusqu’en 1989, même si des pans de ce mur subsistent encore aujourd’hui, les grapheurs ont marqué leur passage dans un concept d’art politique qui a largement surfé avec le subversif.
On retrouve aussi une oeuvre de Bansky, adepte du Border Art, offrant pour comme pour le photographe JR un atelier à toit ouvert, partout où la liberté est bâillonnée.

Le D est également représenté sur les murs du musée, son style apparenté à une forme de street art à la Keith Haring, s’apparente à un courant dont Speedy Graphito, ou Mano à Mano, ou également les frères Ripoulin ont sévi dans les années 80 jusqu’au début des années 90 à Paris dans le métro.
On retrouvera avec plaisir le travail d’un peintre franco-suisse, Thomas Vuille qui est le créateur du célèbre personnage M.Chat. Celui-ci s’est fait aussi une fameuse réputation dans le métro parisien.
M. CHAT, pseudonyme de l'artiste franco-suisse Thoma Vuille, est devenu une icône du street art mondial depuis son apparition en 1997 à Orléans. Ce chat jaune orangé au sourire énigmatique, souvent représenté avec des ailes blanches depuis 2003, a conquis les murs de nombreuses villes à travers le monde.
Jacques Villeglé : l'affichisme et l'art brut à l'honneur
Autres oeuvres présentées dans le musée celles de Jacques Mahé de la Villeglé (1926-2022) par ses collages l’artiste rentre complètement dans la conception d’un art brut. Dès 1969, il développe une nouvelle facette de son art en imaginant un alphabet socio-culturel. Dans le musée, Jacques Villeglé a eu le privilège d’exposer un l’une de ses oeuvres emblématiques créée à base d’affiches récupérées dans la rue.

Fernand Costa : « Le chant du métal », sculpture et recyclage en art brut
Dans le musée, on prendra aussi plaisir à découvrir l’immense talent de Fernando Costa, qui d’ailleurs fait suite à l’exposition de 2015 « Costa, dix ans après CESAR ». Par son travail sur le métal et le recyclage des panneaux de signalisation, il est devenu l’artiste incontournable de l’Art brut. Comme César, Jeff Koons ou Calder, Fernando Costa demeure dans le gotha très fermés des meilleurs plasticiens qui explore l’art par le biais d’un travail combinant la récupération d’objets et la peinture.
Speedy Graphito, pionnier du street art français des années 1980
Speedy Graphito, pseudonyme d'Olivier Rizzo, est un peintre français, né en 1961, faisant la jonction entre la figuration libre et la scène Street art française des années 1980. Artiste précurseur, reconnu comme l'un des pionniers du mouvement Street Art en France. Il s’est fait connaitre dans la capitale avec des installations en papier accrochées sur les murs de Paris. Beaucoup d’agences de communication ont passé commandes au plasticien et développé sa renommée qui depuis ces années là ont permis à l’artiste de vivre correctement de son art.

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Infos pratiques : adresse, horaires et accès au musée Parcelle473
Musée Parcelle473
425, avenue des Frères Bulher à Montpellier
Horaires d'ouverture :
du mardi au samedi de 11H à 18H et le dimanche de 14H à 18H.











