- Auteur Léa-Sarah Perez
- Temps de lecture 7 min
Paul McCartney photographe au musée Granet d’Aix : un regard inédit sur la montée des Beatles
« On n’était que des gamins de Liverpool » : derrière son objectif, Paul McCartney a saisi de l’intérieur l’ascension fulgurante des Beatles. Au musée Granet, l’exposition Eyes of the Storm dévoile ces clichés inédits, des débuts en Angleterre au Ed Sullivan Show jusqu’aux vacances à Miami. À découvrir à Aix-en-Provence jusqu’au dimanche 3 janvier 2027.

Les portraits de Paul McCartney, John Lennon, George Harrison et Ringo Starr dans l’exposition Eyes of the Storm, au musée Granet d’Aix-en-Provence, jusqu’au dimanche 3 janvier 2027. ©Léa- Sarah Pérez
Eyes of the Storm, l’exposition Paul McCartney à Aix-en-Provence, trouve son origine en 2020, lorsque le musicien redécouvre dans ses archives près d’un millier de photos, offrant un behind-the-scenes hors du commun. Une exposition incontournable, à savourer au musée Granet jusqu’au dimanche 3 janvier 2027.
Paul McCartney photographe : le début d’une aventure hors du commun
C’est avec un Kodak Brownie, emprunté à sa famille, que Paul McCartney découvre sa passion pour la photographie. Avec son frère Mike, il réalise les premiers portraits des Beatles, dont celui de John Lennon. Au moment où les Beatles commencent à faire fureur à travers le monde, Paul McCartney entreprend de documenter, à travers la photographie, leur grande épopée.
Tout au long de l’exposition, le spectateur est invité à retracer la montée du groupe légendaire : de leurs débuts en Angleterre au Ed Sullivan Show, jusqu’à leurs vacances à Miami.
C’est à travers l’objectif du Pentax SV 35 mm que Sir Paul McCartney immortalise ses confrères musiciens et autres personnalités. La séquence d’images tirée d’une planche-contact montre le fonctionnement du tirage photographique de l’époque. On peut notamment y apercevoir une série de trois portraits de John Lennon, obtenus grâce à des tirages chromogéniques. À l’époque, être photographe demandait une grande patience : chaque pellicule permettait de faire 36 photos, et il ne fallait pas se rater !

© 1964 Paul McCartney sous licence exclusive de MPL Archive LLP
Un monde empreint d’enchantements, de Londres à Paris
Pour Paul McCartney, le but est de représenter l’émerveillement « des petites choses qui composaient notre vie ». Et c’est notamment à travers l’humour que cet émerveillement prend vie : le portrait de George Harrison portant deux chapeaux haut de forme en est témoin. En pleine tournée, les Beatles participent en 1963 à l’émission Val Parnell’s Sunday Night at the London Palladium, qui initiera l’expression « Beatlemania », puis décrochent début 1964 leur premier numéro 1 aux États-Unis avec I Want to Hold Your Hand. La même année, leur rencontre avec la légende de la boxe Mohammed Ali est immortalisée par le photographe Harry Benson.
C’est au sein de la famille Asher que les Beatles trouvent refuge face à la pression médiatique, et que Paul McCartney poursuit son apprentissage de la photographie aux côtés de Robert Freeman, photographe des Beatles. Cette évolution se lit dans les photos de coulisses telles que les portraits de Johnny Hallyday, de Brian Epstein, manager des Beatles, et la série À bord de l’avion. Un élément important est la présence d’un fac-similé de pages du journal intime de Paul McCartney, où il décrit sa rencontre avec la star du rock français, ainsi que son voyage à Paris.

Une vie quotidienne de rock stars, de New York au Ed Sullivan Show
C’est avec la photo du photographe Joel Landau, au sein d’une foule de fans et de reporters accueillant les Beatles à l’aéroport international JFK de New York, que s’ouvre ce nouveau volet photographique. On peut y voir en détail l’effet « Beatlemania » : ici, ce ne sont pas seulement les fans qui arborent un grand sourire, enthousiastes à l’idée d’apercevoir leurs idoles, mais aussi la presse. Cette photographie démontre l’impact et le charisme des Beatles durant leur courte aventure.

Mais pour Paul McCartney, ce qui est le plus frappant, c’est l’irréel de la situation : « […] on a fait ça et on n’était que des gamins de Liverpool ». En à peine quelques années, les Beatles ont été propulsés dans l’univers impitoyable de la célébrité, et voilà que maintenant ils voyageaient à travers le monde. Quatre jeunes hommes d’Angleterre se rendent à New York pour la première fois, pour marquer l’Histoire au Ed Sullivan Show en 1964. Cet événement est capital dans l’épopée des Beatles : il attire 73 millions de téléspectateurs.
Miami : l’oasis tant méritée des Beatles
C’est au cœur de Miami que les Beatles trouvent refuge, loin des projecteurs. Le voyage en train de New York à Miami prolonge cette nouvelle approche de la photographie : les inconnus au premier plan. Elle est particulièrement illustrée dans Anonyme photographié depuis la fenêtre du train, montrant un homme travaillant à la gare, pelle à la main. On la retrouve aussi dans Anonyme, Washington, dépeignant une petite fille qui regarde à travers la vitre d’une voiture.
Une fois à Miami, ce sont les visages des Beatles qui font leur grand retour, profitant de leurs vacances. L’évolution de la photographie permet à Paul McCartney de réaliser des images en couleurs, offrant une nouvelle opportunité artistique. Cependant, la couleur n’est pas le seul contraste que l’on peut apercevoir : après le rythme incessant des dernières années, les Beatles peuvent à présent se reposer.

Paul McCartney à la pêche, George Harrison le sourire aux lèvres, Ringo Starr et John Lennon à la nage… Une oasis bien méritée, qui inspirera à Paul McCartney un film inédit, projeté dans l’exposition.
Eyes of the Storm est une magnifique exposition qui nous invite à (re)découvrir l’incroyable destinée des Beatles, sous un regard insolite.
Infos pratiques
Y a-t-il une exposition sur Paul McCartney à Aix-en-Provence ?
Oui : l’exposition Paul McCartney photographe, 1963-64 : Eyes of the Storm, qui réunit plus de 250 photographies, est présentée au musée Granet, place Saint-Jean-de-Malte, à Aix-en-Provence, jusqu’au dimanche 3 janvier 2027. Le musée est ouvert du mardi au dimanche de 10 heures à 18 heures, avec fermeture des caisses à 17 h 30. Il est fermé le lundi, ainsi que le vendredi 25 décembre 2026 et le vendredi 1er janvier 2027. Le billet donne également accès aux collections du musée et peut être acheté sur la billetterie en ligne du musée Granet.











