Publié le 28/01/2026

David Kadouch interprète Farrenc et Ravel avec l’Orchestre national de Cannes

David Kadouch sera en concert le 20 février 2026 au Théâtre Debussy du Palais des Festivals de Cannes, avec l’Orchestre national de Cannes. Interview du pianiste au jeu profond et sensible reconnu pour mettre en lumière les compositrices oubliées.

David Kadouch concert ravel cannes

David Kadouch ©Marco Borggreve

Entre concerti avec orchestre, récitals et concerts de musique de chambre et projets d’enregistrements le pianiste niçois David Kadouch enchaine les temps forts dans une carrière qui se développe harmonieusement. Revenant à ses racines sur les lieux de ses premiers émois musicaux , Il sera le vendredi 20 février 2026 à 19 h 30 le soliste invité de l’Orchestre national de Cannes, pour un concert au Théâtre Debussy du Palais des Festivals de Cannes

Concert David Kadouch et l'Orchestre national de Cannes

Il interprètera sous la direction de Benjamin Levy,  les Grandes Variations sur un thème du comte Gallenberg, op. 25, pour piano et orchestre (1841) de Louise Farrenc et le concerto pour piano et orchestre, en sol majeur (1929-1931) de Maurice Ravel

L’orchestre donnera pour sa part la symphonie N° 2 d’Olivier Penard composée en 2024 et qui est une commande du Consortium créatif.

Musicien raffiné et charismatique, David Kadouch est un pianiste reconnu pour son jeu profond et sensible doté d’une rare curiosité qui le conduit à mettre en lumière des compositrices oubliées des 19 ème et 20 ème siècle, tout en fréquentant avec bonheur un vaste répertoire pianistique dont il extrait des programmes originaux qu’il construit et interprète avec passion.

David Kadouch est originaire de Nice où il a commencé ses études musicales, formé au CNSM de Paris et auprès des plus grands, et multi-récompensé lors des plus grands concours.
Il se produit en concert dans le monde entier et voit ses prestations et ses enregistrements unanimement salués par le public et la critique.

Concert Ravel par David Kadouch, avec l'Orchestre national de Cannes

Interview

Comment harmonisez-vous vos différentes activités ?

David Kadouch : J’ai la chance de vivre intensément ma passion pour la musique. Et que ce soient les rencontres avec les orchestres et les chefs, les moments où je me produis en récital ou les partages avec mes partenaires de prédilection, le violoncelliste Edgar Moreau et la soprano Sandrine Piau, ces activités et ces expériences se complètent véritablement et se nourrissent l’une de l’autre.

Que représente le concert pour vous ?

David Kadouch : C’est un moment toujours exaltant au cours duquel l’interprète peut rechercher la connexion la plus intense avec les œuvres qu’il joue et leurs compositeurs, avec le public. Jouer en concert c’est aussi imaginer le son que l’on veut obtenir en adéquation avec ce que le compositeur a voulu mettre dans ce qu’il a écrit, privilégier l’expression la plus juste et finalement se laisser porter avec calme par ses pensées pour atteindre une forme d’essentiel. Finalement c’est imaginer le plus beau pour que le plus beau arrive. 

Vous aimez communiquer avec votre public ?

David Kadouch : Oui c’est essentiel pour moi. J’aime cette interaction avec ceux qui viennent m’écouter. J’aime aussi leur parler, relier mes mots avec ma musique pour que nous vivions ensemble une expérience rare. J’aime raconter des histoires avec mon piano, rendre les émotions palpables. Je considère qu’il faut aussi de la curiosité, de la générosité et un engagement total pour servir cet art majeur qu’est la musique. C’est en tous cas ce que je m’efforce de développer.

Comment trouvez-vous un équilibre entre la préparation des œuvres que vous jouez et leur interprétation ?

David Kadouch : On éprouve une belle sensation lorsqu’on aborde une œuvre avec fraicheur et spontanéité mais la connaissance intime de la partition, le fait de l’approfondir et de la laisser mûrir pour mieux la comprendre dans tous ses aspects et toutes ses dimensions lorsqu’on la travaille en profondeur est aussi quelque chose d’exaltant et permet d’être complètement libéré au moment du concert. C’est cet équilibre subtil qu’il faut chercher en permanence

Avec l’Orchestre national de Cannes vous allez donner deux œuvres significatives de l’école Française du piano dans la même soirée. C’est un challenge ?

David Kadouch : Tout d’abord je me réjouis de ce partage avec un orchestre et un chef que j’apprécie en la personne de Benjamin Levy. Et ce d’autant que ce concert a lieu sur la Côte d’Azur où je retrouve mes racines. Certes il faut un niveau de concentration important mais je considère que c’est une chance de pouvoir faire découvrir au public les Grandes Variations sur un thème du comte Gallenberg, op. 25 pour piano et orchestre, une œuvre écrite en 1841 par Louise Farrenc qui a été une pianiste et une compositrice reconnue à son époque.

Nommée professeur de composition au Conservatoire de Paris elle était tombée dans l’oubli et c’est une joie de la remettre au-devant de la scène. Elle fait de ce thème qui n’est pas à la base extraordinaire, un chef d’œuvre en tissant une véritable dentelle musicale de manière très virtuose avec des couleurs orchestrales et un raffinement d’harmonies qui atteint à une expression quasiment théâtrale. 

Et puis il y a cet hommage à Ravel avec son concerto en sol majeur ?

David Kadouch : C’est une œuvre majeure et pour moi une merveilleuse traduction de ce que peut être le plaisir musical. Ravel traduit d’une manière poétique son intérêt pour le jazz, et le colore d’une joie et d’un hédonisme de tous les instants à travers une orchestration géniale qui synthétise toutes les influences qui ont nourri sa musique. Et puis il y a ce moment suspendu de ce bouleversant adagio assaï qui est sûrement l’un des plus beaux thèmes qui a jamais été écrit pour le piano et qui se love avec tendresse dans ce cocon musical orchestral avant les fulgurances instrumentales du presto final qui nous entraîne dans un tourbillon de joie intense. 

Quels sont vos projets ?

David Kadouch : Je voudrais consacrer du temps à Félix Mendelssohn. C’est un compositeur avec lequel j’ai des affinités fraternelles. Je me plonge dans ses « Romances sans paroles » qui constituent pour moi un sommet du répertoire pianistique. Je me sens tellement proche de sa délicatesse, de sa pudeur, de son amour de la mélodie et finalement de son âme toute entière. Je vais beaucoup les jouer au concert et les enregistrer.

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