- Auteur Marie-Céline SOLÉRIEU
- Temps de lecture 3 min
Bruno Chevillon, la contrebasse comme langage – Improvisation, transmission et ouverture musicale
Contrebassiste reconnu pour ses collaborations éclectiques, Bruno Chevillon conçoit la musique comme un espace de dialogue, où le son, le corps et l’écoute construisent une voix personnelle. Rencontre dans le cadre du Festival Aujourd’hui Musiques au Théâtre de l’Archipel à Perpignan.

Interview vidéo du contrebassiste Bruno Chevillon – Festival Aujourd’hui Musiques – Perpignan ©Marie-Céline
C’est dans le cadre du Festival Aujourd’hui Musiques à Perpignan (création visuelle et sonore) que nous avons rencontré Bruno Chevillon, contrebassiste majeur de la scène européenne du jazz et des musiques improvisées.
L'interview s’est tenue dans le hall du Théâtre de l’Archipel, un lieu vivant ouvert à tous, au service d’une culture pour tous.
C'était à l'occasion de Bruits Blancs #15, un temps de rencontres artistiques fondé sur l’expérimentation, la création musicale, en écho à la création littéraire. Le concept ? Des artistes qui ne se connaissent pas sont invités à se découvrir et à proposer des battles entre écriture littéraire, poétique et écriture musicale exploratoire.
Bruno Chevillon, contrebassiste : Improvisation, transmission et ouverture musicale
La contrebasse, un instrument pensé comme un langage
Contrebassiste majeur des musiques improvisées et contemporaines, Bruno Chevillon développe une relation singulière à son instrument, qu’il considère comme un véritable « méta-instrument ». Héritée des recherches de la musique contemporaine écrite, son approche s’appuie sur l’exploration de modes de jeu étendus, au-delà de l’académisme traditionnel.
L’improvisation comme dialogue
Au centre de sa pratique se trouve l’improvisation, conçue comme une forme de langage. Pour Bruno Chevillon, jouer de la musique revient à dialoguer : une circulation d’idées, de silences et d’inflexions comparable à la parole. Trouver sa propre voix constitue un enjeu fondamental, impliquant de s’émanciper des modèles et des influences pour affirmer une identité musicale personnelle.
Transmission et recherche
Cette réflexion irrigue également son travail pédagogique. Lors de masterclasses, il invite les étudiants à accepter le temps de la recherche, l’erreur et l’incertitude. Mettre des mots sur ce que l’on joue, écouter ce qui se passe réellement et laisser émerger une expression naturelle sont, selon lui, des étapes essentielles dans la construction artistique.
Un parcours artistique atypique et ouvert
Son parcours se distingue par son caractère atypique. Bruno Chevillon débute la musique à vingt ans, après une formation aux Beaux-Arts à Avignon. Attiré très tôt par la contrebasse à travers l’écoute du jazz, il s’oriente rapidement vers des formes musicales personnelles, à la croisée de l’improvisation, du jazz contemporain et de la musique expérimentale, sans suivre un cursus académique classique.
Parallèlement, il entretient des liens constants avec les arts plastiques, l’architecture et le théâtre. Le corps, la posture et le geste occupent une place centrale dans sa pratique, conditionnant la mise en résonance de l’instrument.
Refuser les chapelles
Qu’il joue en formation réduite ou au sein d’ensembles plus larges, Bruno Chevillon place l’écoute au cœur de toute interaction musicale. Refusant les chapelles esthétiques, il revendique une curiosité sans hiérarchie, guidée par une seule exigence : la qualité de l’expérience musicale partagée.











