- Auteur Thierry de Lestang-Parade
- Temps de lecture 4 min
André Manoukian a célébré une Sultane aux Baux-de-Provence
André Manoukian revient avec La Sultane le lundi 27 juillet aux Nuits Musicales d’Uzès, pour un voyage entre Arménie, Inde et Sénégal. Le 28 juin 2026, André Manoukian fermait les portes de son festival Les Baux Pianos aux Carrières des Lumières. En première partie, le duo franco-indien Parveen & Ilyas Khan avait plongé le public dans les traditions orales de l’Inde du Nord.

André Manoukian au piano – concert La Sultane – Carrières des Lumières – Baux-de-Provence – 2026. ©MCS
Extrait vidéo du duo franco-indien Parveen & Ilyas Khan, en première partie. ©MCS
C'était le concert de clôture des Baux Pianos donné par André Manoukian, pianiste et compositeur, en sa qualité de créateur du festival, aux Baux-de-Provence le dimanche 28 juin 2026. En première partie, Parveen & Ilyas Khan, pour un duo beat box et chant indien, un frère et une sœur franco-indiens. André Manoukian revient avec ses musiciens et La Sultane pour un concert aux Nuits Musicales d'Uzès, lundi 27 juillet.
Festival Les Baux Piano : voyage vers un Orient rêvé avec André Manoukian
Les Carrières des Lumières, un écrin majestueux pour La Sultane
Les parois de calcaire des Carrières des Lumières se couvrent d'une douce couleur orange sous l'amicale lueur de projecteurs. Avec ces teintes qui se déploient, on songe aux paroles d'Aragon portées par Jean Ferrat : «Un jour pourtant, un jour viendra, couleur d'orange.»
Dans cet endroit, les voix de Picasso et de Jean Cocteau ont résonné. Le lieu est majestueux avec ses hauts murs de pierre entourant une cour comme pour protéger les sons. L'acoustique est remarquable. Les notes jaillissent comme libérées.
André Manoukian est là pour présenter son dernier disque La Sultane, raconter «un voyage vers un orient rêvé, un paradis perdu.»
Tablas, violoncelle, contrebasse : une musique d'ici et d'ailleurs
La musique d'André Manoukian est plurielle. Elle est lyrique, classique, méditerranéenne, orientale. Elle est d'ici et d'ailleurs.
Il y a des moments de frénésie, de tendresse. Le concert est aux couleurs de la vie.
Sur scène, un violoncelle semble minuscule lorsqu'il voisine avec une contrebasse aux formes généreuses. Il y a aussi deux tablas, des tambours indiens qui gravent un rythme qui s'efface. La musique est là puis s'évanouit.

Talima, la voix du Sénégal au cœur des Alpilles
Des passerelles entre des mondes
L'un des mérites d'André Manoukian est de jeter des passerelles entre des mondes. Avec l'Inde présente dans les percussions, il y a aussi Talima, une musicienne et chanteuse d'Aix-en-Provence, originaire du Sénégal.
Elle joue d'une sorte de calebasse à laquelle sont noués des fils de pêche. Sa voix est majestueuse.
Hommage à sa grand-mère arménienne déportée en 1917
Seul au piano, André Manoukian célèbre sa grand-mère déportée en 1917 par les Turcs sur 1 000 kilomètres en qualité d'Arménienne. Elle est parvenue à survivre. Dans les carrières, les pierres se teintent de rouge.

Parveen & Ilyas Khan : la tradition orale de l'Inde du Nord en première partie
Auparavant, le public est plongé une première fois dans l'Inde avec le duo d'une sœur et d'un frère. Parveen et Ilyas Khan jouent de la musique classique d'Inde du Nord. Cette tradition fragile est uniquement orale.
La voix de la chanteuse est entourée des tablas de son frère. Nous ne sommes pas loin de Shakti, l'ancien groupe du guitariste John McLaughlin, un compagnon de Miles Davis, qui a célébré la musique indienne.
Le duo prépare un disque. Le début d'une aventure marquée par une belle rencontre avec le public aux Baux-de-Provence.












