- Auteur Jacques Jarmasson
- Temps de lecture 5 min
L’Orchestre national Avignon-Provence sous le signe de la beauté et de l’émotion avec les Requiem de Rutter et Fauré
Le Requiem de John Rutter et celui de Gabriel Fauré, deux œuvres magistrales, étaient réunis dans un même programme proposé par l’Orchestre national Avignon-Provence et le Chœur de l’Opéra Grand Avignon ce vendredi 30 octobre 2026. Au-delà de leurs différences d’époque et de langage musical, les deux œuvres ont en commun une approche profondément humaniste de la mort. Sur scène : Alan Woodbridge, Raphaële Andrieu, Fleur Bouilhet et Guillaume Andrieux.

L’Orchestre national Avignon-Provence et le Chœur de l’Opéra Grand Avignon, sous la direction d’Alan Woodbridge, dans les Requiem de Rutter et de Fauré. © Jacques Jarmasson
Le Requiem de Gabriel Fauré dans sa version de 1893 et le Requiem de John Rutter, composé près d’un siècle plus tard, s’inscrivent dans une même quête de beauté et de paix intérieure.
Pour cette rencontre avec deux des partitions les plus emblématiques du répertoire sacré, après avoir uni leurs forces dans les œuvres de Mozart, Brahms ou Beethoven, l’Orchestre national Avignon-Provence retrouvait le Chœur de l’Opéra Grand Avignon, placé sous la direction de son chef Alan Woodbridge.
Au-delà de leurs différences d’époque et de langage musical, les deux œuvres ont en commun une approche profondément humaniste de la mort. Ici, point de visions terrifiantes du Jugement dernier ni de déchaînement dramatique destiné à impressionner. Le Requiem devient avant tout une invitation au recueillement, une méditation sur la disparition, mais aussi un formidable message de consolation et de sérénité.

Un héritage musical empreint d’humanité : le Requiem de John Rutter
Presque un siècle après le Requiem de Fauré, le compositeur britannique John Rutter s’inscrit dans cette même tradition de spiritualité apaisée avec son propre Requiem, composé en 1985, à la suite de la disparition de son père.
Profondément marqué par la musique de Fauré, dont il avait longuement étudié et admiré le Requiem, Rutter en reprend l’esprit sans jamais renoncer à sa propre personnalité musicale. Son Requiem constitue ainsi un hommage autant qu’une méditation personnelle. La soprano Fleur Bouilhet fut la soliste choisie pour interpréter avec talent une partition des plus périlleuses.

La grâce et la lumière : le Requiem de Fauré
Achevé dans sa deuxième version en 1893, le Requiem de Gabriel Fauré occupe une place singulière dans l’histoire de la musique sacrée.
Écrit en pleine maturité créatrice, il se distingue radicalement de la tradition des grandes messes des morts. Fauré préfère la douceur à l’effroi, l’apaisement à la terreur, la confiance à l’angoisse.
Le Pie Jesu de Fauré, confié à Raphaële Andrieu
Parmi ses pages les plus célèbres figure le bouleversant Pie Jesu, moment de pureté et de délicatesse, confié à la voix de l’excellente soprano Raphaële Andrieu, chaleureusement applaudie par un public sous le charme.

Une rencontre musicale portée par de belles voix : solistes, chœur et orchestre
Pour servir ces deux partitions d’une exceptionnelle richesse émotionnelle, la soirée pouvait compter sur une distribution de grande qualité, réunissant des artistes dont les prestations ont pleinement contribué à la beauté et à l’intensité de ce rendez-vous musical.
À la direction musicale, Alan Woodbridge a su accompagner et fédérer les forces réunies, assurant une belle cohésion entre l’Orchestre national Avignon-Provence, le Chœur de l’Opéra Grand Avignon et les solistes.
Les solistes : Guillaume Andrieux, Raphaële Andrieu et Fleur Bouilhet
Le baryton Guillaume Andrieux a apporté à l’ensemble une voix chaleureuse et expressive, dont la profondeur et la noblesse du timbre ont trouvé un écho particulièrement émouvant dans ces pages empreintes de spiritualité.

Les sopranos Raphaële Andrieu et Fleur Bouilhet ont, quant à elles, offert de remarquables interventions, faisant preuve d’une grande finesse vocale, d’une sensibilité délicate et d’une musicalité qui ont magnifiquement servi les élans lyriques de ces deux œuvres. Leurs voix, tour à tour lumineuses et recueillies, ont su restituer toute la tendresse et la force expressive de ces partitions.
À l’orgue et au violon : Jean-Michel Robbe et Cordélia Palm
À l’orgue, Jean-Michel Robbe, comme Cordélia Palm, premier violon super-soliste de l’ONAP, ont également apporté une contribution précieuse à cette architecture sonore.
Les Requiem de Rutter et de Fauré, d’Avignon à Carpentras
Avec cette rencontre entre deux Requiem aussi complémentaires qu’emblématiques, l’Orchestre national Avignon-Provence proposait bien plus qu’un traditionnel concert de musique sacrée. Un rendez-vous musical inoubliable proposé en coréalisation avec l’Orchestre national Avignon-Provence et l’association Musique Sacrée et Orgue en Avignon, puisque le même programme fut rejoué le samedi 31 octobre en la cathédrale Saint-Siffrein de Carpentras.












