- Auteur Thierry de Lestang-Parade
- Temps de lecture 3 min
La Promesse de l’aube de Romain Gary au théâtre, jouée à Paris et présentée à Avignon
La Promesse de l’aube de Romain Gary, adaptée au théâtre par Tigran Mekhitarian, a été jouée au théâtre Benoît-XII d’Avignon le mardi 20 octobre 2026. Trois comédiens occupent la scène : Tigran Mekhitarian, Delphine Husté et Léonard Stefanica. Le cœur de la pièce, c’est l’amour d’une mère pour son fils, un sentiment si fort qu’il pèsera sur toute son existence.

De gauche à droite, Tigran Mekhitarian (Romain), Léonard Stefanica et Delphine Husté (la mère) dans La Promesse de l’aube. ©MCS
La Promesse de l’aube de Romain Gary adaptée au théâtre par Tigran Mekhitarian a été jouée au théâtre Benoît-XII d’Avignon le mardi 20 octobre 2026. Cette unique représentation à Avignon a été programmée par les Amis du théâtre populaire. Cette association, créée en 1954 pour soutenir Jean Vilar à la tête du Festival d’Avignon, propose régulièrement des rendez-vous pour établir un lien vivant entre le théâtre et le public.
Trois comédiens sur scène : La Promesse de l’aube au théâtre
Cette adaptation de La Promesse de l’aube est différente de la mise en scène de Stéphane Freiss proposée en 2021 au Théâtre de Poche-Montparnasse. Cette fois, trois comédiens occupent la scène et non plus un seul qui propose une lecture. Il y a Tigran Mekhitarian dans le rôle de Romain, Delphine Husté qui interprète sa mère et Léonard Stefanica qui joue du violon et plusieurs personnages.
Le violon de Léonard Stefanica : les mélopées du déracinement
L’instrument de musique compose un environnement important. Les mélopées nostalgiques incarnent le déracinement, la fragilité des êtres pourchassés par la méfiance. C’est le destin de voyageurs juifs qui franchissent les frontières et ne seront jamais vraiment chez eux. C’est la toile de fond de la pièce. Son cœur, c’est l’amour d’une mère pour son fils. Un sentiment si fort qu’il pèsera sur toute son existence. Cette phrase prononcée, « Il n’y aura jamais une femme qui t’aimera autant dans la vie », dit l’immensité de la dévotion de cette maman russe à son fils, quelquefois écrasé par le poids de ce sentiment.
Mauvais souvenirs à Salon-de-Provence : Romain Gary dans l’armée de l’air
Delphine Husté dans le rôle de la mère
Avec son accent de l’Est, sa silhouette effacée pour composer une dame usée qui vieillit, Delphine Husté incarne cette figure maternelle rusée vouant un culte à la France, la patrie qui saura reconnaître les mérites extraordinaires de son fils. Mais ceux-ci ne seront salués que plus tard, dans le fracas de la guerre et des missions de bombardement sur l’Allemagne.
L’armée de l’air à Salon-de-Provence, 1938
Romain Gary puise beaucoup dans sa vie dans ce récit marqué par une expérience douloureuse dans l’armée de l’air à Salon-de-Provence en 1938. Sur une promotion de plus de 300 élèves, il est le seul à ne pas devenir officier ni même sergent. Une naturalisation française trop fraîche est avancée pour motiver ce rejet.
Un regard loufoque : Tigran Mekhitarian en Romain Gary
Loin de plonger Romain Gary dans l’amertume, cet échec sera le carburant de sa volonté pour atteindre l’héroïsme, être salué par de Gaulle et devenir un écrivain reconnu. Tigran Mekhitarian est un Romain crédible. Il n’est jamais vraiment découragé mais plein d’une ironie mordante. Souvent, des rires saluent son regard sur son existence loufoque, portée par l’ambition d’être à la hauteur des folles ambitions de sa mère. Des rêves qu’il saura incarner avec honneur.
Toujours jouée à Paris : La Promesse de l’aube au Contrescarpe
Cette pièce est jouée jusqu’au 3 janvier 2027 au théâtre Le Contrescarpe, à Paris. Une belle opportunité de plonger dans l’univers d’un écrivain flamboyant avec cette représentation d’une durée d’une heure trente.











