- Auteur Éric Fontaine
- Temps de lecture 7 min
Fausse Note d’Alexandre Arcady, un duo de choc entre Benoît Poelvoorde et Kad Merad
En salles le 7 octobre 2026, Fausse Note, le nouveau film d’Alexandre Arcady, réunit Benoît Poelvoorde et Kad Merad le temps d’une nuit à l’Opéra-Comique : un chef d’orchestre face à un admirateur trop insistant, sur fond de passé enfoui. Interview vidéo du réalisateur lors de sa présentation au CGR de Nîmes et critique du film.

Interview vidéo d’Alexandre Arcady au CGR Nîmes, et critique du film Fausse Note en avant-première en septembre 2026, avant sa sortie en salles le 7 octobre. ©Éric Fontaine
Le pitch de Fausse Note, le nouveau film d'Alexandre Arcady : lors de son ultime concert à Paris, un chef d'orchestre de renom est confronté à un admirateur insistant. Sous ses apparences de « Monsieur Tout-le-monde », l'admirateur s'infiltre dans l'Opéra, perturbe la soirée et force un face-à-face inattendu avec le célèbre musicien. Surgit alors un passé commun enfoui, où la musique devient le révélateur d'une vérité bouleversante. Une nuit de tension et de vérité où la mémoire, la culpabilité et la justice s'affrontent en sourdine.
La sortie est prévue le 7 octobre 2026 dans toutes les salles de France. Le cinéaste est également producteur du film avec Diane Kurys ; il s'est entouré de Caterina Murino et de Christian Morin, autour des deux acteurs principaux, Benoît Poelvoorde et Kad Merad. Le scénario a été écrit en association avec Didier Caron.
Un réalisateur qui accompagne son nouveau film partout en France
Depuis la fin des années 1970 (Le Coup de sirocco, 1979) et le début des années 1980 (Le Grand Pardon, 1982 et 1992), ou encore dans les années 2010 et 2020 (Ce que le jour doit à la nuit, 2012 ; Le Petit Blond de la Casbah, 2023), Alexandre Arcady poursuit sa quête sur la mémoire et l'oubli. À Nîmes, les cinéphiles étaient nombreux en ce mois de septembre pour Fausse Note, un film tourné entièrement à Paris.
Un décor royal et étouffant : l'Opéra-Comique
Le film se déroulant sur une seule nuit, l'équipe a investi l'Opéra-Comique plusieurs nuits pour les intérieurs. Les coulisses, les loges et la splendeur architecturale du bâtiment servent de contraste saisissant avec la noirceur des révélations. Le lieu se transforme au fil des minutes en un véritable huis clos, tourné à la manière d'Hitchcock, et dont l'intrigue se rapproche des univers cinématographiques de Claude Chabrol.
De la comédie au drame absolu
Face à la presse et aux cinéphiles nîmois, le réalisateur souligne que le tournage a débuté dans une ambiance presque légère, où la sensibilité des deux acteurs principaux a été mise à l'épreuve d'un scénario captivant.
L'association de deux monstres sacrés de la comédie francophone a d'abord apporté beaucoup de sourires, même durant les répétitions des prises de vues. Kad Merad campe au départ un admirateur un peu lourdaud. Alexandre Arcady évoque plusieurs inspirations, dont L'Emmerdeur avec Jacques Brel. Il explique qu'il voyait dans le personnage du fan un inspecteur à la Columbo, ce qui donne au film une évidence incongrue et joyeuse ; d'ailleurs, le public a nettement savouré le début du film par des rires et des sourires.
Ensuite, la tension dramatique apparaît dans plusieurs scènes, avec l'apparition de neige en extérieur, évoquant ainsi un climat de thriller.
Un synopsis intrigant tiré d'une pièce de théâtre de Didier Caron
Didier Caron est un auteur à succès, connu pour le personnage de Robert Bibeau dans la série Blague à part. Ancien directeur du théâtre Michel à Paris, il est également adaptateur d'histoires pour le cinéma. Pour ses plus grands succès au théâtre, son nom est associé à deux pièces : Le Duplex et Un vrai bonheur (2007). Pour Fausse Note, la mise en scène a vu plusieurs duos de comédiens, entre autres Christophe Malavoy et Tom Novembre !
Hors du contexte théâtral, le synopsis laisse deviner dès le début de l'histoire que nos deux personnages centraux ne partagent pas la même passion pour la musique symphonique, et que leur duel va révéler des mises en situation gênantes, incongrues et inquiétantes, plus que dans la disposition d'un plateau de théâtre.
Alexandre Arcady a imaginé ce huis clos tourné à l'Opéra-Comique, rendant hommage à la beauté des lieux et de l'architecture. Pour l'homogénéité du film et du suspense proposé, c'est d'abord l'occasion de proposer en fond de l'histoire une évocation historique marquée par les événements d'un passé peu glorieux entre deux communautés.
Le réalisateur a voulu un film dont la musique serait le lien caché d'un passé dont on ne doit pas oublier les traces.

Alexandre Arcady lance l'avant-première de Fausse Note à Nîmes
C'est parfois compliqué de réunir toute une communauté autour d'un projet. En choisissant Nîmes, Alexandre Arcady est venu dans la ville en homme de cinéma conquis par un accueil de cinéphiles très chaleureux, comme à son habitude. Le CGR Nîmes avait déjà reçu le réalisateur dans le cadre du festival de cinéma organisé par Sophie Rigon et, à la sortie de la séance d'avant-première, c'est avec un réel enthousiasme que l'homme de cinéma a pu se rendre compte que le sujet du film touchait énormément de monde.
« J'ai toujours œuvré dans ma vie à ce que la mémoire du passé ne soit pas ternie, au point d'en oublier les faits ; même si on met une prescription sur les événements relatés, il est nécessaire d'en être les porte-parole », s'exclame le réalisateur face au public ayant visionné Fausse Note.
« Ce film est arrivé à un moment de ma vie où j'ai besoin de transmettre à mes petits-fils la mémoire du passé », explique Alexandre Arcady lorsqu'une cinéphile lui demande la raison qui l'a poussé à faire ce long-métrage.
« Si, dans le précédent film, Le Petit Blond de la Casbah, il était question de ma vie, ce film évoque une période plus trouble qui me pousse à dire aux jeunes générations : attention à ne pas faire l'abnégation de l'histoire ! », poursuit Alexandre Arcady.
« J'ai toujours trouvé un accueil remarquable dans cette ville de Nîmes, que je trouve agréable », mentionne-t-il lors de l'échange avec un public venu nombreux dans une salle de cinéma pleine.
Le duo Poelvoorde-Merad à contre-emploi
À bien des égards, on peut s'étonner de ce choix de comédiens perfectionnistes dans le registre de l'humour, mais inattendus dans le registre dramatique. L'essentiel de ce duo tient dans le contexte du film, où l'enjeu n'apparaît que bien plus tard… Jalousie ? Vengeance ? Fanatisation d'un sujet du scénario ? Alexandre Arcady a voulu semer le trouble auprès du public ; l'épilogue du film tenant compte également d'un contexte anxiogène autour de la mémoire, le réalisateur impose une intrigue haletante et parfois un peu énigmatique.
Notre avis sur Fausse Note
Fausse Note s'inscrit dans un registre résolument manichéen, ce qui provoque chez les spectateurs un étonnement devant certaines scènes, mais aussi une envie de comprendre le mécanisme instauré par l'auteur, qui a parfaitement su adapter à l'image une pièce de théâtre à succès jouée dans plusieurs pays et dans de nombreux festivals.
Fiche du film
Fausse Note, réalisé par Alexandre Arcady. Scénario d'Alexandre Arcady en association avec Didier Caron, d'après sa pièce de théâtre. Produit par Alexandre Arcady et Diane Kurys. Avec Benoît Poelvoorde, Kad Merad, Caterina Murino et Christian Morin. Tourné à l'Opéra-Comique, à Paris. Sortie en salles le 7 octobre 2026.
La sortie nationale du film se fera le 7 octobre dans plusieurs salles en France et à l'étranger, dont très certainement en Israël !
Questions fréquentes sur Fausse Note
Que vaut Fausse Note d'Alexandre Arcady ?
Un huis clos qui commence comme une comédie avant de basculer dans le drame, porté par une intrigue haletante, parfois un peu énigmatique, dans un registre résolument manichéen.
Quand sort Fausse Note ?
Le film sort en salles le 7 octobre 2026.
Qui joue dans Fausse Note ?
Benoît Poelvoorde et Kad Merad tiennent les rôles principaux, aux côtés de Caterina Murino et Christian Morin. Kad Merad incarne l'admirateur insistant.
Fausse Note est-il adapté d'une pièce de théâtre ?
Oui, de la pièce de Didier Caron, jouée notamment par Christophe Malavoy et Tom Novembre.
Où a été tourné Fausse Note ?
Entièrement à Paris, principalement de nuit à l'Opéra-Comique.








