- Auteur Thierry de Lestang-Parade
- Temps de lecture 3 min
Victor Hugo, La Bouche d’ombre : quand le géant des lettres interroge les morts à Jersey
C’est en feuilletant un journal, dans une auberge, que Victor Hugo apprend la noyade de sa fille Léopoldine. Des années plus tard, l’écrivain s’adonne au spiritisme : les tables tournantes parlent, les morts prennent la parole. La Bouche d’ombre, BD signée Rodolphe et Olivier Roman chez Anspach, raconte ces années où un génie vacille.

Victor Hugo, La Bouche d’ombre, couverture de l’album de Rodolphe et Olivier Roman, éditions Anspach © Olivier Roman / Anspach
Victor Hugo, La Bouche d'ombre, édité chez Anspach, est une bande dessinée consacrée à l'exil à Jersey en 1853 de l'auteur des Misérables. L'album, signé par Rodolphe pour l'histoire et Olivier Roman pour le dessin, ne dévie pas de la réalité historique.
Victor Hugo et la mort de Léopoldine : le choc fondateur
Une tentative de sauvetage périlleux
La bande dessinée nous rappelle des événements dramatiques. C'est en feuilletant un journal, Le Siècle, dans un café de Rochefort, que Victor Hugo a appris la mort de sa fille Léopoldine. Elle s'est noyée dans la Seine. Son mari plonge à plusieurs reprises pour tenter de la sauver. Il décide de l'accompagner dans la mort en restant enlacé au corps de son épouse au fond de l'eau. Les deux corps seront placés dans le même cercueil.

Pour Victor Hugo, le choc est immense. Il reste de longues années figé dans la douleur. Guidé par Madame de Girardin, il s'adonne au spiritisme et aux tables tournantes, à Marine Terrace.
Les tables tournantes : quand les morts prennent la parole
Shakespeare, Léopoldine : les voix de l'au-delà
Les tables parlent, les morts prennent la parole. Léopoldine, mais aussi des personnalités comme Shakespeare, répondent par des bruits. Un drame survient. Victor Hugo abandonne l'expérience.

Rodolphe et Olivier Roman : Une certaine justesse du trait
La bande dessinée décrit bien la fragilité d'un génie qui vacille quand il est frappé par le malheur. Le dessin, très réaliste, rend les scènes crédibles. Rodolphe ne s'éloigne jamais de la justesse.
L'intérêt de l'album réside justement dans la révélation de faits méconnus au cœur de la vie de Victor Hugo. Le géant des lettres nous apparaît plus proche. C'est aussi un homme avec ses fêlures profondes.











