- Auteur Coco Dolle
- Temps de lecture 5 min
Jean-Marc Bustamante ouvre le Fonds Bustamante dans une église du XIIe siècle à Arles
« Je ne voulais pas d’une fondation qui soit un ego trip », confie Jean-Marc Bustamante. Depuis le 9 juillet 2026, l’artiste ouvre à Arles le Fonds Bustamante, installé dans une église du XIIe siècle réaménagée par Charles Zana. Une nouvelle adresse pour l’art contemporain, entre archives, création et transmission.

Vue de l’exposition En Miroirs au Fonds Bustamante, œuvres et sculptures textiles en salle, Arles, 2026 © Grégoire d’Ablon
Jean-Marc Bustamante inaugure le Fonds Bustamante à Arles pendant les Rencontres de la Photographie 2026 : un nouveau lieu d'art contemporain dédié à la programmation, à la transmission et au dialogue, ouvert au public depuis le 9 juillet et situé dans l'ancienne église Sainte-Croix, 27 Rue de Chartrouse.
Jean-Marc Bustamante ouvre à Arles un lieu pensé comme un dialogue entre les générations d'artistes
Une ancienne église du XIIe siècle réinventée par Jean-Marc Bustamante
Habitué de la scène arlésienne depuis ses nombreuses participations aux Rencontres de la Photographie, Jean-Marc Bustamante a choisi cette ville pour donner naissance à un projet qu'il mûrissait depuis de nombreuses années. C'est au détour d'une visite chez des amis qu'il découvre une ancienne église du XIIᵉ siècle, nichée place Doumer, au cœur du quartier de La Roquette.
Après plusieurs tentatives pour implanter ce projet, notamment à Toulouse, c'est finalement à Arles que le Fonds Bustamante trouve naturellement sa place, venant enrichir un paysage culturel déjà exceptionnel aux côtés des fondations LUMA, Vincent Van Gogh et de Lee Ufan.

Un lieu pensé pour la transmission, la recherche et la communauté artistique
Pensé comme bien davantage qu'un espace d'exposition, le Fonds Bustamante poursuit une triple mission : préserver les archives de Jean-Marc Bustamante, soutenir la création contemporaine à travers une programmation éclectique ouverte aux scènes émergentes, et développer un important volet pédagogique composé de conférences, workshops, résidences et rencontres.
Entre centre d'art, laboratoire de recherche et lieu de discussions, l'institution s'appuie sur une équipe essentiellement arlésienne et revendique un modèle profondément tourné vers la communauté artistique.
« Je veux que ce soit un lieu culturel et non une vitrine. Je ne voulais pas d’une fondation qui soit un ego trip. », explique Jean-Marc Bustamante. Plus qu'un espace public, il imagine un lieu où l'histoire de l'art se réécrit collectivement : « Je veux créer des expositions où je m'enrichis des autres. »
Cette volonté de dialogue s'est illustrée dès la semaine inaugurale avec un grand déjeuner organisé sur le toit-terrasse de la fondation réunissant une cinquantaine d'artistes de la région.
Parmi eux figurait la peintre Diana Hajji, figure reconnue de la scène arlésienne : « J'ai trouvé ce geste particulièrement généreux. Réunir autour d'une même table des artistes locaux et internationaux, de différentes générations, témoignait d'une véritable attention envers la communauté artistique. Le discours de Jean-Marc était simple, chaleureux ; son geste semblait pleinement accompli. »

En Miroirs, l'exposition inaugurale entre Bustamante, Franz West et Tatiana Trouvé
L'exposition inaugurale, En Miroirs, reflète cette même philosophie. Bustamante y rassemble des œuvres prêtées par des collectionneurs privés et de grandes institutions, dessinant une histoire de l'art en résonance plutôt qu'une exposition monographique. Aux côtés de ses propres œuvres dialoguent notamment les sculptures de Franz West, Tatiana Trouvé et Reinhard Mucha, les peintures de Rémy Zaugg et Thomas Schütte, ainsi qu'une installation chromatique de Gerhard Merz.
Federico González et Alice Anderson, les voix émergentes de la programmation
Déployée sur trois niveaux, l'exposition met en conversation des figures majeures de l'art contemporain avec une jeune génération d'artistes invités. Parmi les découvertes figure une œuvre sonore immersive conçue in situ par Federico González, dont l’acoustique semble prolonger le caractère monacal de l'ancienne église, tandis que les “Danses Technologiques” d'Alice Anderson introduisent une réflexion sur le geste et la peinture.
Charles Zana signe une architecture sobre entre pierre calcaire et terrazzo
La transformation architecturale du bâtiment a été confiée à Charles Zana. Son intervention respecte avec finesse l'identité spirituelle du lieu : la nef épouse toujours les volumes de l'église tandis que pierre calcaire, marbre rose, terrazzo et murs aux tonalités beiges composent une architecture sobre et lumineuse. Le bâtiment accueille également un centre de recherche, des espaces de travail, un café et une librairie.

Un hommage à Vincent van Gogh sur la façade en lave émaillée
À l'extérieur, la façade est habillée d'une frise imaginée par Jean-Marc Bustamante en carreaux de lave émaillée. Les nuances de jaune, spécialement développées pour ce projet, rendent hommage à la palette solaire de Vincent van Gogh, dont l'héritage demeure indissociable de la ville.
Un comité scientifique international réuni autour de Jean-Marc Bustamante
Présidé par Jean-Marc Bustamante, le Fonds Bustamante s'appuie enfin sur un comité scientifique d'une remarquable envergure réunissant des personnalités internationales, parmi lesquelles des représentants du Musée du Louvre, d'AWARE: Archives of Women Artists, Research and Exhibitions, de l'École nationale supérieure des Beaux-Arts de Paris, du Kunstmuseen Krefeld ou encore de Tate Britain.
Plus qu'une nouvelle institution, le Fonds Bustamante affirme l'ambition d'inscrire durablement Arles parmi les capitales européennes où patrimoine, création contemporaine et transmission se nourrissent mutuellement.











