- Auteur Philippe Depetris
- Temps de lecture 7 min
Martha Argerich, Kantorow, Jordan : les concerts de l’été 2026 au Palais princier de Monaco
Depuis 1959, la Cour d’honneur du Palais princier de Monaco se transforme chaque été en salle de concert à ciel ouvert. Cette saison, l’Orchestre philharmonique de Monte-Carlo y réunit six soirées d’exception avec des artistes d’exception tels que Martha Argerich, Alexandre Kantorow, Charles Dutoit, ou encore Philippe Jordan. Une programmation de prestige, du 6 juillet au 6 août 2026.

L’Orchestre philharmonique de Monte-Carlo dans la cour du Palais princier. Une programmation 2026 sous le signe du prestige.
Comme chaque année les mélomanes ont rendez-vous pour des concerts d'été en principauté de Monaco dans le cadre exceptionnel de la Cour d’honneur du Palais princier situé sur le célèbre Rocher.
Six soirées sont ainsi proposées du 6 juillet au 9 août 2026.
Devenus une tradition depuis que le prince Rainier III et la princesse Grace en eurent l’initiative dès 1959, et symboles d’élégance, ces concerts s’inscrivent chaque été dans l’excellence de la programmation et le prestige d’un lieu hors du commun. Alors que la nuit tombe et que la cour du Palais s’illumine pour accueillir avec l’Orchestre philharmonique de Monte-Carlo, l’élite des chefs et des solistes du monde, la musique s’empare avec bonheur de cet endroit chargé d’histoire.
Programmation d'excellence pour les concerts de l'été 2026 au Palais princier de Monaco
Philippe Jordan ouvre le cycle avec la Symphonie n°5 de Mahler
Le cycle s’ouvrira le jeudi 9 juillet à 21 h 30 avec une œuvre majeure du répertoire, la Symphonie n°5 en do dièse mineur de Gustav Mahler, placée sous la direction de Philippe Jordan. Directeur musical du Staatsoper de Vienne jusqu’à l’an dernier après avoir dirigé l’Orchestre de l’Opéra de Paris de 2009 à 2021, il prendra à partir de la saison 2027/2028 la direction musicale de l’Orchestre national de France. Cette symphonie, qui ouvre le XXe siècle, est dédiée complètement à l’instrumental. Avec ses cinq mouvements dont le célèbre adagietto immortalisé par le film Mort à Venise de Luchino Visconti, elle constitue une imposante fresque symphonique qui traverse tout le spectre des émotions et des sentiments dans l’expression maîtrisée d’un compositeur et d’un orchestrateur au sommet de son art.

Pablo Ferrandez et Simone Young : le violoncelle d'Elgar sous les étoiles, par Pablo Ferrandez
Le dimanche 12 juillet c’est le violoncelle qui sera à l’honneur avec l’interprétation du Concerto en mi mineur opus 85 d’Edward Elgar par Pablo Ferrandez, artiste espagnol en résidence du Philharmonique de Monte-Carlo lors de cette saison. Lauréat du XVe Concours Tchaïkowski de Moscou, il est un artiste de tout premier plan de par sa virtuosité, sa musicalité et sa présence scénique. La formation sera dirigée par la cheffe d’orchestre australienne Simone Young, directrice musicale de l’Orchestre symphonique de Sydney et qui a été directrice artistique du Staatsoper de Hambourg et de l’Orchestre philharmonique de Hambourg. Aussi à l’aise dans le répertoire lyrique que symphonique, elle ouvrira la soirée avec l’ouverture du Songe d’une nuit d’été de Mendelssohn et la conclura avec la Symphonie n°41 en do majeur K 551 de Mozart dite " Jupiter " qui fut la dernière écrite par le compositeur. De par son ampleur et son expressivité, elle témoigne de l’art consommé de la composition de son auteur et reste l’une des plus abouties et célèbre du répertoire.
Martha Argerich et Charles Dutoit : deux légendes réunies pour Prokofiev
Dimanche 25 juillet place à une légende du piano en la personne de la grande Martha Argerich, dont on connait la virtuosité et le sensibilité ainsi que l’étendue du répertoire et que l’on retrouvera dans le Concerto n° 3 en do majeur opus 26 de Prokofiev, si admirablement écrit pour un piano virtuose, sous la baguette d’un chef lui aussi de légende Charles Dutoit. Un programme à consonance espagnole avec l’interlude et danse de la Vida Breve et les suites de ballet n° 1 et 2 du Tricorne de Manuel De Falla.

Sayaka Shoji et le concerto de Sibelius : un soir de passion et de virtuosité
Jeudi 30 juillet à 21 h 30 c’est de nouveau une œuvre de Prokofiev, la suite de ballet Cendrillon, qui conclura le concert dirigé par le chef slovaque Juraj Valcuha. Au programme aussi l’ouverture de Candide de Leonard Bernstein et le Concerto pour violon en ré mineur opus 47 de Jean Sibelius dont la soliste sera Sayaka Shoji, auréolée en 1999 du 1er prix du concours Paganini de Gênes dont elle reste à ce jour la plus jeune lauréate. Elle servira avec talent l’unique et célébrissime concerto du compositeur finlandais empreint de passion et de virtuosité et considéré comme l’un des plus difficiles du répertoire.
Martin Rajna et Zoltan Fejervari : les étoiles montantes de la nouvelle génération
Dimanche 2 août à 21 h 30, on trouvera à la direction du Philharmonique de Monte-Carlo un jeune chef hongrois de 30 ans, Martin Rajna, qui prendra au mois d’octobre les rênes de l’Orchestre philharmonique du Luxembourg et s’affirme comme une étoile montante de la vie musicale. Le pianiste Zoltan Fejervari qui s’impose comme l’un des pianistes les plus prometteurs de la nouvelle génération des musiciens hongrois, mettra son talent au service du Concerto n° 3 en do mineur opus 37 de Beethoven avant la lumineuse Symphonie n° 8 en sol majeur opus 88 de Dvorak, moins célèbre certes que la 9e dite Du nouveau monde, mais caractéristique de l’art d’un compositeur au sommet de son talent.

Les adieux de Kazuki Yamada au Philharmonique de Monte-Carlo
Enfin le cycle des concerts du palais Princier s’achèvera en apothéose le jeudi 6 août à 21 h 30 et marquera la fin du mandat de Kazuki Yamada en tant que directeur artistique et musical de l’Orchestre Philharmonique de Monte-Carlo. Programme de choix avec le Concerto n° 2 en la majeur de Franz Liszt sous les doigts d’Alexandre Kantorow et deux œuvres caractéristiques de la passion qu’affiche le chef japonais pour la musique française et Maurice Ravel avec une orchestration originale du quatuor à cordes signée Giancarlo Chiaramello et la célèbre valse symptomatique de l’immense talent d’orchestrateur de Ravel.
Alexandre Kantorow, pianiste majeur de sa génération
Depuis sa victoire au Concours Tchaïkovski de Moscou, assortie du Grand prix seulement attribué trois fois dans toute l’histoire de ce prix mythique, Alexandre Kantorow s’est imposé comme l’un des pianistes majeurs de sa génération sur le plan international. Mais plus que sa virtuosité et sa facilité à maîtriser les œuvres les plus difficiles du répertoire, c’est l’intelligence, la poésie et la profondeur de ses interprétations, son sens des contrastes et de la respiration musicale et du silence expressif qui constituent les marqueurs principaux de son talent. Il le prouvera encore dans ce monument de la musique qu’est le Concerto n° 2 de Liszt dans lequel « les thèmes interconnectés créent une œuvre aux multiples ambiances, de la rêverie à la tempête, reflétant l'âme même de l'époque romantique », ainsi que l’écrit le musicologue Hugh Mac Donald.
Infos pratiques : billetterie et accès aux concerts du Palais princier
Au guichet ou par téléphone, renseignements à l'Atrium du Casino de Monte-Carlo, tél. +377 92 00 13 70.
Sur internet, jusqu'à deux heures avant le concert, sur le site officiel de l'OPMC sur les pages des concerts
Sur place, le jour du concert, une heure avant (sous réserve de places disponibles).











