- Auteur Victor Ducrest
- Temps de lecture 4 min
3000 spectateurs pour les Ballets de Monte-Carlo à Vaison-la-Romaine : quand le cœur danse jusqu’à l’orage
La nature elle-même semblait vouloir participer : un orage a éclaté au moment précis où les danseurs tombaient au sol d’épuisement. Pour l’ouverture de Vaison Danses 2026, Jean-Christophe Maillot et les Ballets de Monte-Carlo ont enflammé le théâtre antique de Vaison-la-Romaine devant 3000 spectateurs avec Core Meu, hommage flamboyant à Maurice Béjart.

Danseuses en longues robes bleues dans Core Meu des Ballets de Monte-Carlo, chorégraphie Jean-Christophe Maillot, Vaison Danses 2026 ©AA
Pour ouvrir le festival de Vaison Danses 2026, Pierre-François Heuclin, le directeur artistique, a choisi de programmer au théâtre antique de Vaison-la-Romaine « Core meu » (Mon cœur) le flamboyant ballet de Jean-Christophe Maillot, directeur et chorégraphe des Ballets de Monte-Carlo, qu'il a lui-même dédié à Maurice Béjart.
« Core meu », par les Ballets de Monte-Carlo, Vaison Danses 2026
Un hommage à Béjart, qui avait inauguré Vaison Danses en 1996
Maurice Béjart qui avait inauguré en 1996 le festival provençal avec sa Messe pour le temps présent interprétée par les Ballets de Lausanne.

Trois mille personnes sont venues applaudir les danseurs des Ballets de Monte-Carlo sur des gradins surchauffés. Comme si la nature, elle aussi, voulait participer à la danse, elle a attendu la fin du spectacle pour lâcher un bel orage accompagné d'une pluie à grosses gouttes au moment du final où, dans la chorégraphie, tous les danseurs épuisés par des tarentelles endiablées, tombent au sol.
La tarentelle d'Antonio Castrignano : fête, énergie et épuisement
La musique d'Antonio Castrignano et du Taranta Sound, qui tient la première place dans la conception du ballet, nous situe l'action dans le Sud de l'Italie où la tradition de la tarentelle veut que danseurs et musiciens rivalisent de vitesse jusqu'à épuisement. L'atmosphère est celle d'une fête de village où les hommes sont des hommes et les femmes des femmes, où l'énergie des protagonistes se distribue avec fluidité dans les groupes, les couples et l'assistance, où la variété des sentiments s'exprime dans des rythmes changeants.
Trois versions, trois lieux : Place du Casino et Grimaldi Forum à Monaco, et Vaison-la-Romaine
De cette œuvre on a déjà tout dit, car trois versions se sont déjà succédés.
La première, en 2017 sur la place du Casino de Monaco, en plein air, dans un espace circulaire pour l'événement « F(ê)faites de la danse », avec un public tout autour des danseurs. La deuxième, réécrite deux ans plus tard pour le Grimaldi Forum de Monaco où la scène est frontale.
La troisième enfin au Théâtre antique de Vaison-la-Romaine.

50 danseurs sur 20 mètres de scène : la majesté du théâtre antique
On a déjà tout dit sur ce spectacle, mais on n'a pas tout vu, car à chaque endroit différent la danse prend ses marques en s’ajustant. Au théâtre antique, c'est sur une scène impressionnante de plus de vingt mètres de large, face à des gradins en demi-cercle, que se sont déployées la cinquantaine de danseurs et la dizaine de musiciens présents sur scène.
Chacun y voit les siens : Antilles, Méditerranée, Loïe Fuller…
Certes beaucoup ont vu dans cette représentation une fête dans la région des Pouilles ou un rite antique méditerranéen mais ce soir-là Jeanne, dans le public, a vu aussi des chrysalides qui s'ouvraient, Moktar a été sensible à certains mouvements arabisants, Mélissa, à l'écoute des percussions, a perçu les rythmes du gwoka qu'on danse aux Antilles, Gladys a cru reconnaître une allusion à Loïe Fuller en voyant la virevolte des longues robes bleues et blanches, et chacun à sa façon a ressenti l’énergie puissante de cet ensemble en mouvement perpétuel.











