- Auteur Jean-Marc Bouré
- Temps de lecture 5 min
Pablo Ferrández livre une interprétation habitée du concerto d’Elgar au Palais Princier de Monaco
Malgré une chaleur écrasante, Pablo Ferrández s’est montré habité, sublimant le rare Concerto pour violoncelle d’Edward Elgar. Dimanche 12 juillet, sous la baguette de Simone Young, l’Orchestre Philharmonique de Monte-Carlo a offert au Palais Princier de Monaco une soirée Mozart, Mendelssohn et Elgar.

Orchestre Philharmonique de Monte-Carlo, saluant le public en Cour d’honneur du Palais Princier de Monaco, juillet 2026 ©Jean-Marc Bouré
Du 9 juillet au 6 août 2026, la Cour d’honneur du Palais Princier de Monaco, lieu de ralliement des monégasques autour de leurs Souverains, accueille six concerts du magnifique et réputé Orchestre Philharmonique de Monte-Carlo (Kazuki Yamada, directeur artistique et musical). Dimanche 12 juillet, le concerto d'Elgar fut sublimé par le violoncelliste Pablo Ferrández, pour un concert
au palais sous les étoiles.
Les Grimaldi, une tradition musicale perpétuée depuis 1959
Il ne faut pas oublier que les Grimaldi, protecteurs des Arts et notamment de la Musique, étaient amis de Couperin et de Lully en leur temps. En 1959, lorsque le Prince Rainier III décide « d’entrouvrir » les portes de la Cour de son palais à la Musique, il ne fait que perpétuer cette tradition. On peut l’en remercier, tant le lieu s’y prête.

Bernard Gavoty écrivait ainsi jadis sur le programme des concerts "Ressusciter les fastes du passé, préparer l'avenir artistique de Sa Principauté, telle est l'ambition présente du Souverain qui nous offre en partage, pour quelques soirs de rêve, Sa demeure légendaire. Musique au Palais. Musique des étoiles".
Depuis, chaque été, la Cour du palais accueille un vaste public, avec pour seule exigence d’être en veste-cravate pour les hommes… Ici, cela devrait tomber sous le sens. Ce soir, on remarque dans la foule le tailleur parisien Julien Scavini qui applique à la lettre cette exigence d’élégance, dans son costume blanc…
Pour l’édition 2026, les pianistes Martha Argerich, Alexandre Kantorow, Zoltán Fejérvári, la violoniste Sayaka Shoji, le violoncelliste Pablo Ferrández, la soprano Alexandra Marcellier donnent à entendre leurs immenses talents autour de l’orchestre et de chefs tels que Charles Dutoit ou Martin Rajna entre autres.
C’est la 5e Symphonie de Gustav Mahler dirigée par Philippe Jordan qui ouvrit avec grandeur le festival le 9 juillet. Après tout, l’Italie de Visconti est toute proche…

Pablo Ferrández habite le Concerto pour violoncelle d'Edward Elgar
Ce dimanche 12 juillet 2026, Simone Young prenait la baguette dans un programme accessible bien que comptant le relativement rare Concerto pour violoncelle et orchestre d’Edward Elgar, composé en 1919 mais passé à la postérité grâce aux mythiques interprétations de Jacqueline du Pré dirigée par son époux Daniel Barenboim, dans les années soixante.
Monaco avait choisi comme soliste l’espagnol Pablo Ferrández, étoile montante du violoncelle et artiste en résidence de l'OPMC pour cette saison 2025-2026. La promesse fut tenue. Toujours très juste malgré une température et une hygrométrie ne rendant pas aisée la performance, Ferrández se montra habité (le thème du premier mouvement, sublime…), à la hauteur de cette œuvre marquée par la Première Guerre mondiale.
Le soliste ne donna aucun bis. Tout juste pouvait-on regretter que l’acoustique à ciel ouvert, bien qu’excellente, rende l’équilibre violoncelle-orchestre légèrement en défaveur du premier.
Felix Mendelssohn ouvre la soirée avec Le Songe d'une nuit d'été
Le concert avait débuté par l’Ouverture du Songe d’une Nuit d’Eté de Félix Mendelssohn, tube d’un compositeur de génie, âgé de dix-sept ans au moment de sa composition en 1826… La cheffe Simone Young laissa s’épanouir ses musiciens qui entraînèrent le public au cœur de la forêt romantique. Cordes et vents rivalisèrent de précision.

La Symphonie n°41 « Jupiter » de Mozart clôture le concert avec élégance
Enfin le concert se termina par la majestueuse Symphonie n°41 dite Jupiter de Wolfgang Amadeus Mozart. Dernière symphonie du maître, composée en 1788, Jupiter (titre qui n’est pas de Mozart et n’apparut qu’en 1819) n’est plus à présenter. La baguette détendue mais précise et inspirée de Simone Young, qui danse littéralement sur scène, anima l’œuvre avec élégance.
Retrouver ce sommet de la littérature musicale ici, dans ce cadre merveilleux, fut un enchantement.
Le concert se termina par un merveilleux cocktail-rencontre avec Simone Young, Pablo Ferrandez et bien d’autres invités dans un cadre idyllique.











