- Auteur Éric Fontaine
- Temps de lecture 4 min
Chapelle du Quartier-Haut à Sète : « Exquise Autopsie » de Pauline Pagès-Lloberas & Sarah Guiraudon
« Exquise Autopsie » investit la chapelle du Quartier-Haut à Sète pour une exploration à deux voix, à la manière d’un cadavre exquis où les œuvres dialoguent sans se confondre. Aux sculptures-fontaines de Pauline, incarnant la mécanique du corps, répondent les créations de Sarah, qui sondent la psyché et ses fêlures invisibles.
L’exposition gratuite est à voir jusqu’au 15 mars 2026.

« Exquise Autopsie » de Pauline Pagès-Lloberas & Sarah Guiraudon ©Éric Fontaine
« Exquise Autopsie », de Pauline Pagès-Lloberas & Sarah Guiraudon une exposition gratuite à voir à la chapelle du quartier-haut à Sète, jusqu'au 15 mars 2026.
Le titre savamment choisi par le duo de ces artistes féminines s’apparente à une exploration à deux voix au sein de la chapelle. Comme un cadavre exquis, cette exposition de peinture et sculptures se compose d’éléments qui se répondent sans jamais se confondre.
Exposition à Sète : peinture et sculpture en regard croisé
« Exquise Autopsie », de Pauline Pagès-Lloberas & Sarah Guiraudon
D’un côté, la mécanique du corps, incarnée par les sculptures-fontaines de Pauline. De l’autre, les œuvres de Sarah représentent la psyché, les traces invisibles, les fêlures intérieures qui façonnent un être autant que son anatomie observable.
Comme un livre ouvert ou un décor pour colonies de vacances, les plasticiennes révèlent dans ce cheminement artiste un méandre d’objets et de personnages dont la légende narrative influe une expression empruntée à la bande dessiné.
Pauline Pagès-Llobéras, sculpture
Pauline Pagès-Llobéras imagine ses formes inspirées de coquillages et rappelant parfois ces objets de brocante style kitch que l’on déniche aux puces. Elle conçoit et supervise ses créations, dans un atelier donnant sur un horizon entouré d’eau.
Dans son univers artistique marqué par l’étang de Thau, la jeune artiste développe la sculpture,, avec soit des méthodes empiriques non formalisées, soit au contraire avec toute l’énergie que peut procurer la nature dans ses formes joviales.
De son voyage au Cameroun Pauline créée des formes, qui peuvent s’assembler dans une fontaine avec l’eau comme premier vecteur de communication. L’eau source de vie mais aussi source d’abondance sur terre que l’on doit maitriser.

Son travail en grès s’élabore avec une alchimie minutieuse qui prend en compte la forme et métamorphose la couleur, comme si son travail mettait en avant le façonnement de l’objet, qui peut, suivant le lieu prendre une connotation d’utilité.
De l’arrêt Agropolis sur la ligne de tram 5, entre Montferrier-sur-Lez et Montpellier où Pauline a conçu une fresque gigantesque, jusqu’à son installation à la chapelle du quartier-haut, avec de grandes bâches posées dans le lieu, la plasticienne réinvente un univers peuplé de formes.
Par ce biais fait aussi écho au travail de Sarah Guiraudon !
Un peuple imaginaire peut-être en exploration de la terre issue du monde aquatique ?
Les deux amies dans la vie expérimentent leur art dans les méandres de l’univers enfantin, bien que leurs travaux sur les légendes racontées aux enfants, sont aussi le long processus d’une métamorphose du trait, longtemps pensé en amont d’un travail de peinture sur des toiles imposantes.
Sarah Guiraudon, peinture
Artiste basée à Sète, dans le sud de la France, Sarah mélange les techniques au service d’un univers marqué par des peuplades imaginaires et issues de la Méditerranée.
Sarah Guiraudon : Ses outils principaux sont la peinture à l’huile, l’encre et l’aquarelle. En tant qu’artiste, elle trouve important de penser, que chaque exposition doit se travailler comme une œuvre, dans laquelle on se plonge en immersion pour mieux appréhender l’esprit créatif de Sarah.
« J’aime transfigurer mes œuvres en sculpture, poésie ou mise en scène afin d’aborder différents angles d’un même sujet/objet » disait elle lors d’une explication à la presse durant le vernissage.
Dans son travail, on retrouve souvent des scènes à la fois sensuelles et qui questionnent le visiteur. Chaque dessin, peinture, texte sont des histoires entre surréalisme et un narratif que l’on peut imaginer sortir d’un livre de contes.

À travers son cursus supérieur, elle a suivi les cours de l’Ipesaa-institut Privé d’Enseignement Supérieur des Arts Appliqués de Montpellier. Elle arbore des tons pastels pour créer des animaux fantastiques sur des voiles au blanc écru, qui font écho au bateau de la pléiade. Innovant sur des traits pleins, Sarah Guiraudon a su surfer sur un ensemble homogène de toiles et d’objets en grès qui confère à son travail, un vrai choix spontané dans la dimension des décors peints.
Plus d'infos :
Chapelle du Quartier-Haut
10 rue Borne à Sète
L’exposition est à voir jusqu’au 15 mars gratuitement.











