- Auteur Éric Fontaine
- Temps de lecture 7 min
LIMINAL ALUMNI ANIMA : les diplômés de l’ÉSBAN explorent Nîmes avec leurs oeuvres !
LIMINAL ALUMNI ANIMA : les diplômés de l’École Supérieure des Beaux arts de Nîmes investissent la ville pour y exposer leurs œuvres. Un parcours de l’art collectif à découvrir jusqu’au 28 février .

Aurore Charles diptyque photographique ©Eric Fontaine
Du 07 au 28 février 2026, plusieurs lieux de la ville de Nîmes reçoivent les oeuvres des élèves de l’Ésban (École Supérieure des Beaux Arts de Nîmes). Douze diplômés après un workshop en décembre 2025, ont investi 4 endroits à Nîmes (Hôtel Rivet, Chapelle des Jésuites, Carré d’Art, Pamela Artist-Rue Space) complétés par deux évènements (projection de deux films des plasticiens au cinéma Le Sémaphore le jeudi 19 février et « Lectures Liminales » mercredi 4 mars à 18 h 30 au théâtre Le Périscope).
Aurore Charles, Margot Fosse, Roman Garima, Alix Jolly, Lucas Lemesic, Jade Lesieur-Bridel, Ama Lietard exposent leurs oeuvres à l’Hôtel Rivet.

Exposition des diplômés de l’École Supérieure des Beaux Arts de Nîmes
La notion de seuil et d’état réunie dans un thème fédérateur !
Alix Jolly
Tout d’abord, c’est une incursion dans le hall du bâtiment qui a été l’ancienne préfecture de la ville (datant initialement de 1786) que Alix Jolly intitule ses oeuvres « Flipchart 2025 ». Composés de papiers épais ou d’aimants, ce sont les tirages argentiques mat et en numériques (qualité Hahnemühle) qui font poser le regard des visiteurs.
L’entrée est comme une sorte d’atrium couvert orné de quatre colonnes, elle mène à un escalier d’une grande élégance. Il faut dire que depuis 1987, l’Ecole Supérieure des Beaux-arts de Nîmes s’est installée dans ce bâtiment. La restauration entreprise à cette occasion a apporté quelques touches d’art contemporain, comme la mosaïque de Bernard Pagès sur le sol du vestibule, Alix a du composer son travail avec les éléments de la bâtisse.
Avec « Insert 2025 » ses tirages numériques font penser au courant allemand de la photographie des années 70. En effet la photographie humaniste avant le couple mythique, (Bernd & Hilla Becher) conceptualisait déjà cette division entre une école de Düsseldorf qui crédibilisait la photographie comme descriptive, en opposition à celle de Essen qui était plus picturale. L’artiste Nîmoise a su composer son travail entre les deux tendances liées à l’image dont le narratif tire son épingle du jeu.
Son magnifique travail se trouve également dans la chapelle des Jésuites, elle a utilisé la matière comme des graines et des mues d’insectes pour explorer l’apparition ou l’invisibilité.
Une cage d’escalier et un collage sonore…
Lucas Lemesic

Un peu à l’image de Sonosphère, le centre culturel sonore en ligne instauré à Arles au musée Réattu, Lucas Lemesic (Keskonvadire 2026) a posté son dispositif sonore dans les escaliers, composant ainsi un univers intemporel et singulièrement audible et original. Lucas Lemesic, s’insère dans une logique collaborative où prédomine le son comme source d’atmosphère, un peu à l’exemple de la collection Klangkunst, érigée par Götz Naleppa qui a permis la capture d’innombrables sons pour la radio allemande (Deutschlandradio Kultur).
Ainsi Anne-Lou Vicente la commissaire d’exposition, a choisi de nous proposer des oeuvres diverses, d’ailleurs elle publie dans la revue d’art contemporain sur le son « Volume », des travaux entre 2010 et 2014. Son exploration a souvent offert un espace autonome aux chercheurs souhaitant développer des recherches spécifiques consacrées à l’étude pluridisciplinaires des musiques populaires. C’est en rebondissant sur le travail artistique de Lucas, que l’on retrouve ces pistes expérimentales sur le son, dans sa forme presque primitive !
Aurore Charles, Margot Fosse, Ama Lietard, Jade Lesieur-Bridel, Roman Garima…Un collectif qui réuni force & vision dans l’art contemporain.
Entre le diptyque photographique et la série de sculptures d’objets plâtrés, le travail d’Aurore Charles se décompose un peu comme une exploration dans la forme, et dans l’origine de la matière. Si la lumière est un vecteur particulier, l’artiste invente et innove dans l’apprentissage de la forme (Pastiches 2019-2025). C’est surement l’une des oeuvres la plus emblématique du travail de ce collectif d’étudiant(es) dans l’art.

Margot Fosse, propose une série de peintures à l’huile sur panneaux de bois (20 X 20).
L’intitulé « Still » offre un travail sur la perspective. Jade Lesieur-Bridel mise également sur des petits formats, soit en utilisant des techniques mixtes (fusain ou craie sur papier) ou en travaillant à l’huile, tout en mélangeant des matériaux naturels comme le foin. Loin des stéréotypes que l’on peut parfois trouver dans des expositions de peintres amateurs, le travail de Jade s’argumente sur le plan narratif et sur son choix de l’assemblage des couleurs, faisant parfois également référence à « Supports-Surfaces »ce mouvement artistique, qui mettait en avant les composants élémentaires.
Un parcours de l’art pour ce collectif d’étudiant(es)
Un parcours de l’art permet d’avoir une vraie synergie dans les expositions de la ville, pour un public de plus en plus initié à des résonances artistiques locales ou internationales..
En synergie avec "Pamela Artist-Run Space" qui est une coopérative artistique de création et d’exposition située dans la proximité du centre historique de la ville. Les élèves de l’ÉSBAN sont par ce biais aussi sous le regard de professionnels, dans un atelier qui mise sur la jeunesse mettant sous la rampe de l’innovation.

Cette collaboration instaure une incubation artistique autour du travail de Quentin Duvillier, d’Ama Lietard et de Noémie Cartailler-Combe. Le lieu est également organisé en résidence d’artistes, et sert de base de réflexion à la conceptualisation des formes mises au service d’une pensée créative.
Si l’exposition garde un esprit éphémère par son prisme expérimental, il n’en demeure pas moins que ce collectif d’artistes génère absolument une dynamique dans l’art contemporain régional. La ville au fer de lance d’un esprit pionnier dans l’art, véhicule cette image où un public averti pourra contempler de nouvelles pistes dans une culture hybride à l’esprit régionaliste.
Plus d'infos Liminal Alumni Anima, exposition des diplômé·e·x·s 2025
L’école des Beaux Arts de Nîmes invite gratuitement le public à l’Hôtel Rivet, au Carré d’Art Jean Bousquet, à la Chapelle des Jésuites, à l’atelier Pamela Artist-Run Space.
Jusqu’au 28 février du mardi au samedi de 10h à 18 h 30 pour l’école, et pour les lieux culturels liés à la municipalité Nîmoise.











