- Auteur Serge Alexandre
- Temps de lecture 5 min
Lionel Damei présente Les Ailes en Chiffons au Festival Off d’Avignon 2026
Formé au Théâtre de Lenche à Marseille, ancien directeur de l’Institut Français de Dakar, ami de Germaine Acogny, Lionel Damei est de ces artistes rares dont on ne parle pas assez. Le 15 juillet 2026, il présente Les Ailes en Chiffons à l’Atelier 44 pendant le Off d’Avignon. Rencontre avec un tsunami d’émotions.

Lionel Damei en scène avec ses danseurs, spectacle Les Ailes en Chiffons, Off d’Avignon 2026
Il existe des artistes rares, ceux dont on ne parle jamais assez. Lionel Damei est de ceux-là. Formé au Théâtre de Lenche à Marseille auprès de Pierre Barnier, Pierrette Monticelli et Maurice Vinçon, cet artiste pluridisciplinaire n'a jamais cessé de mêler le chant, la danse et le jeu depuis ses premiers pas d'enfant. Ancien directeur de l'Institut Français de Dakar, il a tissé des liens indéfectibles avec l'Afrique, notamment avec la chorégraphe sénégalaise Germaine Acogny, fondatrice de l'École des Sables.
Le 15 juillet 2026, à 18h et à 21h, il présente Les Ailes en Chiffons au Théâtre de l'Atelier 44, pendant le Festival Off d'Avignon — un spectacle de chanson et danse urbaine et contemporaine, créé avec ses deux complices danseurs Mathis et Léo-Paul. En fin d'été, il retrouvera Nicolas Almosni à l'accordéon et Nils Bull à l'alto pour Mon truc en plume d'auteur-e-s, hommage à Zizi Jeanmaire, au Festival de la Cour du Vieux Temple à Grenoble. Et pour 2027, il prépare déjà un spectacle de théâtre musical autour de l'amitié légendaire entre Jeanne Moreau et Orson Welles.
Courez-y.

Lionel Damei : « Chanter, danser, jouer — c'est mon ADN »
Premiers pas de danse et cours de théâtre à Marseille
Lionel, quel est votre parcours en quelques mots ?
Mon parcours, c'est d'abord celui de la petite enfance. Mes premiers pas sont des pas de danse et, très vite, le chant les a accompagnés. Depuis, je n'ai pas cessé d'avancer en chantant et en remuant. Malgré les obstacles — et le refus catégorique de ma mère de voir son fils se donner en spectacle. Elle ne voulait pas que je danse, mais je me suis battu. Sa seule concession : le théâtre. J'ai pu prendre des cours dès l'adolescence avec les comédiens du Théâtre de Lenche à Marseille, Pierre Barnier, Pierrette Monticelli et Maurice Vinçon.
Quelle a été votre première rencontre avec l'art et la musique ?
La télévision en noir et blanc, qui débordait pourtant de couleurs grâce aux émissions orchestrées par les Carpentier — des plumes, des paillettes, des bulles de joie. Et puis les comédies musicales américaines : Shirley MacLaine, Fred Astaire, Liza Minnelli. Quelques matinées à l'Opéra de Marseille aussi, Wagner et Roland Petit.
La Corse, Tipasa, la Méditerranée archaïque : sources d'inspiration
La Corse et la Méditerranée sont-elles des sources d'inspiration ?
Une de mes chansons en hommage à Pasolini porte le titre Dans ce chaos, je me promène. Quand je ferme les yeux sur scène, je me propulse souvent sur des plages désertes, des sentiers parfumés aux immortelles mêlées aux brumes d'embruns. Et quand je les rouvre, je chante à Tipasa. Je porte en moi toute une Méditerranée archaïque, bleu pétrole.
Dakar, l'Institut Français et Germaine Acogny de l'École des Sables
Quels souvenirs gardez-vous du Sénégal et de l'Institut Français de Dakar ?
La découverte d'un autre monde, d'une humanité en mode de survie, d'énergies incroyables, de forces telluriques et de fragilités abyssales. Tout cela se retrouvait dans les propositions artistiques que je programmais. Ma priorité a été de défendre leurs œuvres, de les accompagner au plus près. Depuis, j'y suis retourné deux fois avec mes danseurs chorégraphes Mathis et Léo-Paul pour créer un spectacle avec la jeune compagnie circassienne Yaak'Art — un de mes plus beaux souvenirs de spectacle vivant. Il y a aussi ce lien magnifique, cette amitié indéfectible avec Germaine Acogny et Helmut Vogt de l'École des Sables, et Mamby Mawine et Alessandro de l'association DJARAMA.
Vous adorez mélanger les disciplines artistiques ?
C'est mon ADN. Chanter. Danser. Jouer. Et grâce à l'action culturelle que nous proposons en France et à l'étranger, cet ADN, nous le partageons, nous le faisons vivre avec mes camarades de jeu. Nous créons de très beaux albums de souvenirs. Que de belles rencontres ! Merci la vie.
Les Ailes en Chiffons au Off d'Avignon 2026
Quelle est votre actualité artistique immédiate ?
Nous nous retrouvons bientôt avec Mathis et Léo-Paul pour Les Ailes en Chiffons, chanson et danse urbaine et contemporaine, le 15 juillet à 18h et à 21h à l'Atelier 44, pendant le Off d'Avignon. Et puis ce seront les retrouvailles fin août avec Nicolas Almosni à l'accordéon et Nils Bull à l'alto et violon, pour Mon truc en plume d'auteur-e-s au Festival de la Cour du Vieux Temple à Grenoble — un spectacle autour de l'œuvre poétique et music-hall de la grande Zizi Jeanmaire.
Zizi Jeanmaire, Jeanne Moreau, Orson Welles : les projets à venir
Quels sont vos projets à plus long terme ?
L'écriture d'un spectacle de théâtre musical avec mon amie comédienne et autrice Dorothée Leveau, co-directrice de l'Atelier Florentin à Avignon. Nous célébrerons, en mots, en musique et en mouvement, l'amitié magnifique entre Jeanne Moreau et Orson Welles. Sans doute au Off 2027.
Quels mots pour qualifier vos créations ?
Les mots du public, qui pourraient se résumer ainsi : « je n'en crois pas mes yeux et mes oreilles ! » Après… ne jamais les décevoir.











