- Auteur Marie-Céline SOLÉRIEU
- Temps de lecture 6 min
Musicales du Luberon 2026 : Duo voix accordéon avec Marina Viotti & Théo Ould
Concert à Fleur de Mots ce samedi 6 juin 2026 à Lacoste, dans le cadre du festival Les Musicales du Luberon. Théo Ould à l’accordéon et la mezzo-soprano Marina Viotti nous invite à un voyage musical et poétique de Francis Poulenc à Claude Nougaro, de Gabriel Fauré à Léo Ferré. Notre interview avec Théo …

Interview de l’accordéoniste Théo Ould pour un récital à Fleur de mots, avec la mezzo-soprano Marina Viotti, le 6 juin à la SCAD de Lacoste – Festival les Musicales du Luberon.
Les Musicales du Luberon, festival de musique classique en Provence, présentent un concert exceptionnel le samedi 6 juin 2026, à la SCAD de Lacoste (Savannah College of Art and Design). Un duo d'artistes qui se complètent avec la voix de la mezzo-soprano Marina Viotti et l'accordéon de Théo Ould.
Un programme qui mélange les genres avec une artiste lyrique qui chante aussi du metal et un musicien passionné par Astor Piazzola. De Gabriel Fauré à Léo Ferré, en passant par Francis Poulenc et Édith Piaf, ce concert, à Fleur de Mots s'adresse à tous les publics aimant simplement la musique avec un grand M.
Un récital sensible et lumineux, où les préjugés s’effacent dans un même Nouveau Monde.
Musicales du Luberon 2026 : concert Marina Viotti & Théo Ould à Lacoste
Interview avec Théo Ould, accordéoniste
Vous serez en concert le 6 juin avec Marina Viotti à Lacoste pour les Musicales du Luberon. Connaissez-vous le Luberon ?
Oui un peu, j'ai grandi à Marseille donc ça faisait partie des destinations pour mes week-ends de mai.
Quel est le fil conducteur du programme de ce concert que vous avez choisi avec Marina Viotti ?
Ce sera un programme consacré à la musique française. Et l'idée c'est un petit peu de tracer le fil entre la mélodie française, donc avec des compositeurs comme Fauré, Poulenc, Duparc, et de voir comment ce genre, la mélodie française, a évolué vers ce qu'on a appelé plus tard la chanson française.
Donc nous jouerons des musiques de Barbara, Piaf, Nougaro, Léo Ferré. C'est pour faire voir cette évolution, cette transformation, et à la fois ce qui les rassemble et ce qui peut les séparer.
Comment faites-vous alors la transition entre Fauré et Ferré ?
Cela passent par la poésie. Fauré comme Duparc, ont écrit sur des poèmes. Francis Poulenc, par exemple, a écrit sur des poèmes d'Apollinaire, sur Baudelaire. Léo Ferré a repris également des poèmes de Baudelaire. Par exemple, pour l'Invitation au voyage, nous avons deux magnifiques versions : une version dite classique et une version de Léo Ferré plus typée chanson française, mais qui se base sur le même texte. Donc le texte souvent fait le lien finalement, presque avant la musique.
C'est une manière d'humaniser un peu ces concerts classiques mais qui peuvent aussi être actuels, contemporains, modernes ?
Je ne sais pas s'ils ont vraiment besoin d'être humanisés parce qu'ils sont modernes en ce sens qu'ils sont joués par des gens bien vivants. C'est un programme qui nous tient à cœur, tout simplement parce que c'est de la musique qu'on aime et que ce lien-là n'est finalement pas si souvent mis en lumière.
Peut-être que des personnes qui ne sont pas trop sensibles à Francis Poulenc seront plus sensibles à Léo Ferré. Cela permet aussi d'amener un nouveau public?
Oui, ça crée des ponts.

Marina Viotti, c'est une artiste avec laquelle vous faites des duos régulièrement ?
On a commencé à jouer ensemble il y a deux ans environ. J'ai eu la chance de l'avoir sur mon dernier disque : Piazzolla: Balada para un loco.
Quel est le lien qui vous rassemble à travers la musique ? Pourquoi avoir choisi Marina Viotti ?
C'est une très bonne question. En fait, on s'est rencontrés sur une télé. Elle avait besoin de quelqu'un pour un passage télé. Cela faisait déjà quelque temps que plusieurs personnes de confiance disaient à l'un et à l'autre qu'on devrait se rencontrer, qu'on pourrait avoir des choses intéressantes à faire ensemble. Donc on m'avait pas mal parlé d'elle et c'était le cas aussi pour Marina.
Ce que j'aime chez elle, c'est qu'elle est à la fois capable de tenter parfaitement le grand répertoire, mais aussi elle fait des choses avec un groupe de métal également. Elle a fait beaucoup de musiques espagnoles,
Vous parlez de métal, de poésie, vous êtes accordéoniste. comment avez-vous envie d'amener votre musique vers le public ?
Je dois dire que j'essaie d'être le plus simple possible concernant la musique.
Concernant la musique, je choisis déjà des pièces me parlent. J'ai le doux espoir qu'elles parleront à d'autres. Et ensuite, c'est peut-être naïf, mais essayer de faire se détacher un petit peu des codes qu'on associe à la musique classique, qui en plus pour l'extrême majorité, sont des codes qui ont été inventés il n'y a finalement pas si longtemps.
C'est toujours très rigolo de voir comment des traditions qui semblent gravées dans le marbre en fait sont apparues dans les années 1950-1960 qui servent parfois à montrer qu'on appartient à un même cercle, par exemple sur le fait de ne pas applaudir entre les oeuvres.
J'aborde aussi des répertoires comme ça a été le cas sur mon dernier disque avec Astor Piazzolla qui par cette musique touche déjà d'autres publics. Piazzolla c'est quelqu'un qui est joué en jazz, qui est joué en musique actuelle, en musique du monde, en musique classique évidemment, dans les salles de tango. Rien que dans sa musique il y a déjà suffisamment d'influences pour rassembler le public largement.
C'est le cas aussi là pour le concert avec Marina.
Comme vous l'avez dit précédemment, des gens qui peuvent être fans de Léo Ferré, et pas spécialment de musique classique, peuvent venir et, je l'espère, peuvent être charmés aussi par les pages plus classiques du programme.
Programme complet Récital Marina Viotti & Théo Ould - Musicales du Luberon - 6 juin 2026
Francis Poulenc (1899-1963) : Montparnasse – Hôtel – Le travail du peintre – Les chemins de l’amour
Reynaldo Hahn (1874-1947) : Les cygnes – L’heure exquise
Henri Duparc (1848-1933) : Chanson triste – La vie antérieure
Gabriel Fauré (1845-1924) : Les Berceaux – Après un rêve – Automne – Chanson d’amour
Kurt Weil (1900-1950) : Je ne t’aime pas – La complainte de la Seine – Youkali
Léo Ferré (1916-1993): La vie d’artiste – L’invitation au voyage – Green
Barbara (1930-1997) : Nantes
Jacques Brel (1929-1978) : La chanson des vieux amants
Edith Piaf (1915-1963) : Padam, padam : La foule – mon dieu
Jacques Prévert (1900-1977) et Joseph Kosma (1905-1969) : Les feuilles mortes
Nougaro (1929-2004) : Une petite fille
Le concert sera capté par France Télévisions. Vous pouvez également retrouver ce duo le 19 juin pour Musiques en Fêtes, dans le cadre des Chorégies d'Orange 2026.
Plus d'infos, réservations et billetterie
Samedi 6 juin 2028 à 21H00 à la Maison Basse 84480 Lacoste
Téléphone : 04.90.72.68.53 contact@musicalesluberon.fr












