- Auteur Thierry de Lestang-Parade
- Temps de lecture 3 min
Bande dessinée : Cauchon… ou l’homme qui tua Jeanne d’Arc
« Je meurs pour vous. » Ces mots, Jeanne d’Arc les lance à l’évêque Cauchon lors de leur dernière entrevue. Dans Cauchon… L’homme qui tua Jeanne d’Arc, Xavier Dorison, Louis-David Delahaye et Joël Parnotte racontent en 176 pages le procès de Rouen. Et défendent une thèse dérangeante : le juge aurait cherché à lui éviter le bûcher.

Couverture de Cauchon… ou l’homme qui tua Jeanne d’Arc, BD de Dorison, Parnotte et Delahaye, Dargaud © Dargaud
Cauchon… ou l'homme qui tua Jeanne d'Arc est une bande dessinée publiée par Dargaud. Cette BD magistrale comprend 176 pages avec des notes historiques de David Glomot qui éloignent le lecteur des idées toutes faites. Jugée à Rouen en février 1431, Jeanne d'Arc est brûlée le 30 mai à l'âge de 19 ans pour hérésie.
Cauchon, l'évêque qui aurait voulu sauver Jeanne d'Arc : une BD qui bouscule le procès de Rouen
Un sens de la répartie qui désarme ses juges
L'histoire racontée par Xavier Dorison et Louis-David Delahaye décrit une jeune fille douée d'un éblouissant sens de la répartie. À la question : est-elle dans la grâce de Dieu, elle répond « Si je n'y suis pas, qu'il m'y mette, et si j'y suis, qu'il m'y garde. »

Lors de sa dernière entrevue avec l'évêque Cauchon qui préside son procès, elle lui lance « Je meurs pour vous. »
Elle est jugée par 70 théologiens, se montre forte et fragile à la fois sans disposer d'aucun avocat.
L'ironie de l'histoire : Cauchon a-t-il voulu sauver Jeanne d'Arc ?
Mais les auteurs estiment que l'évêque Cauchon tente de lui éviter le bûcher. Ils se basent sur les recherches de plusieurs historiens. Les Anglais qui veulent conquérir la France souhaitent une issue rapide. Cauchon prend son temps. Il meurt à 71 ans et sa tombe placée dans la cathédrale de Lisieux sera détruite en juin 1944 par l'aviation anglaise. L'histoire véridique se drape parfois d'ironie.
Le dessin de Joël Parnotte, un ancien élève de l'École des beaux-arts de Versailles et d'Angoulême, est parfaitement réussi avec de grandes planches mettant en scène le déroulement d'une tragédie humaine.
Une ultime humiliation avant le bûcher
La détresse de Jeanne est palpable. Suppliciée sur le bûcher, elle y est conduite dans une charrette utilisée pour transporter des ordures. Sa tête porte un couvre-chef destiné à l'humilier et à afficher son statut de sorcière.

Le destin unique d'une jeune fille devenue chef de guerre
Ses cris résonnent encore dans notre mémoire collective quand les flammes la dévorent tout entière.
C'est le grand mérite des auteurs d'avoir su évoquer le destin unique de cette jeune fille placide métamorphosée en chef de guerre acharnée à se battre pour le succès des armes du roi de France.











