- Auteur Marie-Céline SOLÉRIEU
- Temps de lecture 6 min
Musicales du Luberon 2026 : Élans symphoniques pour un hommage à Debora Waldman
« J’en ressors métamorphosée, je n’ai plus peur de rien. » Quelques semaines après ses adieux à la tête de l’Orchestre national Avignon-Provence, Débora Waldman dirige un concert hommage aux Musicales du Luberon le 11 juillet 2026. Elle se confie sur ses six années à Avignon, et ses ambitions pour la suite.

Portrait de Débora Waldman, cheffe d’orchestre franco-brésilienne pour ses adieux à l’ONAP aux Musicales du Luberon 2026
Des élans symphoniques pour un hommage à Debora Waldman...
C'est au Théâtre des Carrières aux Taillades que Les Musicales du Luberon lanceront leur concert d'ouverture du festival d'été le samedi 11 juillet à 21h30. Un programme co-construit entre Patrick Canac, fondateur, et Debora Waldman, qui pendant six années fut à la tête de l'Orchestre national Avignon-Provence. Un concert-événement en hommage à la cheffe d'orchestre, partie vers d'autres horizons depuis juin 2026, et qui fait ses adieux en tant que cheffe permanente à l'ONAP.
Le répertoire présenté se distingue entre la passion et le romantisme avec la Symphonie N° 3 « Ecossaise » de Felix Mendelssohn et le Concerto pour violon de Johannes Brahms, avec les musiciens de l'ONAP, et en invitée, Eva Zavaro, jeune artiste, reconnue parmi les plus douées de sa génération.
Rencontre avec Debora Waldman, cheffe d'orchestre - Concert aux Musicales du Luberon 2026 pour ses adieux à l'ONAP
Mendelssohn et Brahms : un programme de romantisme allemand
Quel est le programme du concert du 11 juillet au Théâtre des Carrières des Taillades, pour les Musicales du Luberon ?
Il y a deux pièces de romantisme allemand, la troisième symphonie de Mendelssohn et le concerto pour violon de Brahms avec Eva Zavaro. La consultation du programme s'est faite vraiment en consultation avec Patrick Canac.
Mendelssohn, parce que c'est vraiment un de mes compositeurs préférés. Nous l'avons déjà interprétée avec l'ONAP. Et Brahms, parce qu'on voulait avec Eva un concerto romantique de très grand public. Là où on n'était pas au départ d'accord, c'était sur l'ordre du programme.
Je voulais finir par la symphonie et Patrick Canac a dit non, il faut absolument finir par le concerto. Et c'est vrai qu'après beaucoup de réflexion, j'ai cédé à sa volonté.

Pourquoi ?
Parce que dans la narration, dans la dramaturgie interne, je me disais en effet, il a raison, c'est un tout petit peu plus consistant chez Brahms.
Cela résonne plus dans l'oreille des gens. Je voulais vraiment mener le public par la main et de le tenir jusqu'au bout avec nous. Et je ne pensais pas pouvoir le faire avec Mendelssohn.
Eva Zavaro, soliste du Concerto pour violon de Brahms
Comment s'est fait le lien avec Eva Zavaro ?
Eva, je la connais depuis plusieurs années. On s'est rapprochées à Paris et c'est Patrick Canac qui a l'a proposée comme soliste.
Donc j'ai immédiatement accepté. Patrick suit les artistes jeunes, les étoiles montantes. Donc comme je la connaissais déjà, j'ai tout de suite accepté.
C'est un concert en plein air ...
En effet, c'est une acoustique qu'on connaît déjà, qui est plutôt favorable. Elle est très agréable.
Pour moi, ce n'est presque pas du plein air, vraiment. Sauf la température. Mais sinon, acoustiquement, c'est très satisfaisant.
On a fait plusieurs programmes avec Diane Damrau, Karine Deshaye, Pierre Génisson ... Maintenant, on connaît vraiment l'acoustique.

« Je n'ai plus peur de rien » : six ans à la tête de l'ONAP
C'est un hommage à Debora Waldman. Que ressentez-vous lorsque vous voyez cela sur le titre du concert ?
Je ne l'ai pas vue, mais je l'apprends !
Je suis très touchée. Je pense que l'arrivée et le départ d'un directeur musical sont des moments clés. Tout ce qu'on a fait au début et tout ce qu'on fait à la fin.
Et au milieu, il y a des aléas, des hauts, des bas, de la vie quotidienne. À Avignon, quand je suis arrivée, il y a eu une espèce d'euphorie. Et puis il y a eu la Covid.
Ma première saison a été complètement annulée. J'ai pleuré toute la nuit parce que c'était la veille du premier concert lorsqu'on avait prononcé le confinement.
Quand mon contrat a été renouvelé, j'ai immédiatement pris la décision de partir au bout de trois ans.
Parce que j'ai compris que le monde a beaucoup changé depuis ma nomination. Et maintenant, l'égalité des chances est beaucoup plus palpable qu'il y a 20 ans. Et donc je me disais, il faut que je me donne la chance de pouvoir grandir, d'aller à un effectif plus grand.
Vers un nouveau poste de directrice musicale à l'étranger
Peut-être une maison plus grande et peut-être à l'étranger aussi. Donc tout ça pour souligner que la fin a été un peu préparée depuis ce moment-là.
Je trouve, et je suis vraiment très reconnaissante, que le contact avec les musiciens s'est beaucoup renforcé dernièrement.
La relation avec l'orchestre va continuer. Mais elle va être différente en tant que chef invité.
Quel est le lien que vous avez avec les Musicales du Luberon ?
Patrick Canac est un ami et j'apprécie beaucoup, j'aime beaucoup parler avec lui au niveau artistique.
Il est très connaisseur, il est très cultivé, il a des idées, il suit aussi la nouvelle génération. Il se renouvelle artistiquement. Cest à chaque fois pour moi un défi aussi de composer un programme avec lui parce qu'il ne se laisse pas faire et il sait exactement ce qu'il veut.
Comment ressortez-vous de ces années en tant que chef d'orchestre permanent de l'Orchestre national Avignon-Provence ?
J'en ressors aussi métamorphosée, avec ce mandat sous le signe de la métamorphose de l'orchestre. Mais puisque c'était mon premier poste, j'ai beaucoup appris. C'est vraiment la vie quotidienne d'un orchestre, les bons et les mauvais côtés.
Pour moi, c'est ça le grand challenge d'un chef d'orchestre qui est titulaire. C'est de garder cette fraîcheur, et celle des musiciens. À chaque fois qu'il y a une nouvelle pièce, c'est sacré, c'est comme un élan nouveau, malgré les doutes de la réussite et les difficultés.
Je ressors avec cette énergie en me disant, j'ai acquis beaucoup d'heures de vol. Je n'ai plus peur de rien.
Donc oui, je vais postuler de nouveau comme directrice musicale. L'idéal que j'avais du chef d'orchestre, quand il devient un quotidien, c'est une bataille. Il ne faut jamais la banaliser. Le métier de la musique doit toujours quelque part être sacralisé pour qu'on puisse lui donner du sens tous les jours.
Infos pratiques : Musicales du Luberon, Théâtre des Carrières des Taillades
Théâtre des carrières
84300 Les Taillades
Orchestre National Avignon Provence – direction Debora Waldman
Eva Zavaro : Violon
Samedi 11 juillet 2026 à 21H30
Billetterie : musicalesduluberon.fr












