- Auteur Thierry de Lestang-Parade
- Temps de lecture 3 min
Les judicieuses leçons d’histoire de Jean Contrucci à Marseille
Jean Contrucci, journaliste et écrivain amoureux de sa ville, retrace l’histoire de la cité phocéenne dans des ouvrages courts et savoureux comme La Merveilleuse histoire de Marseille et La merveilleuses histoire de la Bonne Mère.

Le livre, captivant, retrace l’histoire de Marseille comme un roman, simple et bien illustré.
Pour en savoir plus : Conférence de Jean Contrucci à la Bibliothèque de Marseille le 5 octobre 2023
Jean Contrucci, ancien correspondant du journal Le Monde à Marseille, est un romancier amoureux de cette ville à laquelle il a consacré plusieurs ouvrages. Il a aussi déployé son talent dans La merveilleuse histoire de Marseille ou La merveilleuse histoire de la Bonne Mère, qui vient de sortir aux éditions Hervé Chopin.
« La merveilleuse histoire de Marseille » : Les leçons magistrales de Jean Contrucci
L'histoire de Marseille et La Bonne Mère au centre de deux ouvrages de l'écrivain marseillais
Dans ces petits ouvrages savoureux édités par les éditions Hervé Chopin, l'écrivain marseillais et historien se montre malicieux, érudit. Ce sont des leçons d'histoire passionnantes qu'il nous propose. Il nous apprend que six siècles avant Jésus-Christ, les Marseillais vénéraient déjà leur Bonne Mère, à l'emplacement sans doute d'un temple créé par les Grecs qui fondèrent la ville.

les deux ouvrages fourmillent d'anecdotes sur la cité phocéenne.
Un nom prédestiné
Le fameux sanctuaire religieux qui domine la cité à 150 mètres au dessus de la mer était un lieu de culte en 1214. La construction de la basilique Notre-Dame de la Garde fut confiée en 1852 à un architecte nîmois au nom prédestiné. Henri-Jacques Espérandieu était âgé de 23 ans quand il fut chargé de ce chantier. Plus tard, le lieu choisi pour honorer la Vierge Marie selon la volonté du roi François 1er est devenu une caserne pour l'arme française puis allemande pendant l'occupation.
Jean Contrucci sait éveiller l'attention en multipliant les anecdotes historiques rocambolesques sur le patrimoine de la Cité phocéenne. Dans les années cinquante, les bijoux de la Vierge furent volés. Les malfaiteurs ne savaient pas que les pièces exposées n'étaient que de pâles imitations des joyaux authentiques.
Bataille d'oranges pourries
Le festival de connaissances est aussi captivant avec La merveilleuses histoire de Marseille.
Le petit livre, bien illustré comme son compère de papier, nous apprend que François 1er, encore lui, avait goûté avec allégresse une coutume locale. Il s'était livré à une bataille d'oranges pourries abandonnées sur les quais et avait même été déclaré vainqueur. Jean Contrucci bondit dans les époques et multiplie les rappels et révélations.
Une frontière culturelle
Saviez-vous par exemple que les soldats issus du Sud de la France ont subi une terrible injustice pendant la Première guerre mondiale ? A la une du journal Le Matin (1 600 000 exemplaires), un sénateur avait accusé les soldats provenant de Marseille, de Corse, du Var, des Basses-Alpes et du Vaucluse de n'avoir pas su résister aux troupes allemandes. Dans la réalité, c'est une charge à la baïonnette qui avait été ordonnée près de Lunéville face à des fortifications puissamment défendues. Certaines compagnies perdirent 80% de leurs hommes. La récompense des survivants fut l'accusation de lâcheté !
Jean Contrucci voit dans ce drame l'un des ingrédients des préjugés qui frappent toujours les gens du sud. Les bavards insouciants sont opposés aux héroïques et travailleurs gens du nord. Dans bien des esprits, une frontière existe toujours dans le même pays entre deux histoires.











