- Auteur Éric Fontaine
- Temps de lecture 6 min
« Carambolages » au musée Paul-Valéry à Sète : André Cervera aux sources de son inspiration
Le musée Paul-Valéry, au pied du mont Saint-Clair, à Sète, accueille jusqu’au 7 juin 2026 une exposition du peintre originaire de la ville, André Cervera. Une quarantaine d’œuvres très colorées sont présentées dans le style de l’artiste, tantôt qualifié d’expressionniste, tantôt de figuratif.

Auto portrait André Cervera, exposition au musée Paul-Valéry à Sète jusqu’au 7 juin 2026.
Après une première exposition en 2005 (en solo), l’artiste sétois André Cervera explore la ville de son cœur qui lui fait parcourir les ruelles jusqu’au musée Paul-Valéry. Une exposition à découvrir jusqu'au 7 juin 2026. André Cervera a accroché un ensemble d’œuvres qui montrent sa vitalité créative. Il présente un regard rétrospectif et très coloré sur une carrière qui pose les bases de la figuration libre.
Le peintre André Cervera expose dans sa ville, au musée Paul-Valéry de Sète

Sète est le terrain d’analyse de la société pour le jeune André, qui rêve des grands chalutiers et des pieuvres géantes, qui parfois s’amuse du regard des passants. L’artiste depuis plus de 40 ans observe, scrute, dessine, imagine, et élabore un territoire avec ses pêcheurs, ses beaux parleurs et les klaxons des voitures qui roulent sur la corniche face à l’étendue d’une mer placide au pied du mont Saint-Clair.
Des trouvailles parfois farfelues
Les deux années à travailler dans son atelier ont été l’unique moyen de peindre Sète, mais aussi d’harmoniser ses collages de tissus, récoltés dans les pays visités, comme l’Inde par exemple.
Les thèmes, les inspirations, les processus artistiques issus de rencontres, ont forgé son travail, dans un regard plus iconoclaste de l’artiste, qui s’émerveille du genre humain, mais aussi de ses trouvailles parfois farfelues et en tout cas très singulières.

Des sources variées et populaires
André Cervera, né en 1962, vit et travaille à Sète et au hasard de nombreux voyages, il aime revenir dans sa ville qui l’inspire. Rattaché à l'Ecole de Sète, il ne se reconnait pas complètement dans ce mouvement de la Figuration Libre. « Libre comme le vent marin », il avoue avoir côtoyé Robert Combas et les Frères Dirosa, mais il ne suit pas pour autant un quelconque chemin dans l’univers de ce courant artistique. « J’aime la BD, le graphisme, et je travaille avec des techniques mixtes, pour l’essentiel je pose plutôt mon regard sur des sources variées et populaires », explique-t-il lors de la visite au musée Paul-Valéry.

André Cervera est un artiste animé par un nomadisme profond qui le pousse à voyager avant de revenir dans son atelier. Enrichie par les voyages et les invitations qu’il honore, sa peinture s’étoffe d’éléments ramenés, comme des étoffes par exemple.
Un carnet de voyage intemporel
Les tableaux d'André Cervera se lisent comme un livre ouvert sur une inspiration qui paraît être sans limite. Son œuvre prend naissance dans l’eau qu’il utilise pour l’acrylique, matière essentielle à la dilution de ses couleurs sur toile, mais aussi pour créer ses personnages héros de ses imaginations fertiles. Faucheur ou Guy Bara, affichistes des années 50, sont aussi des maitres d’inspiration pour forger cet univers de bonhommes qui peuplent les toiles.

Un lutin sur les quais de la ville
Dans Le Canal a bon d’eau, Cervera s’amuse à peindre l’enchevêtrement des ponts et canaux, il incruste un personnage fantasmagorique, muni d’un masque faisant référence au carnaval mais également, à lui-même, lorsqu’il était enfant, aimant se déguiser, pour détourner ses propres codes de la jeunesse. Entre le collage, le graphisme naïf, le peintre imagine sa propre condition, à la manière d’un lutin qui jouerait sur les quais de la ville.

Un univers mystérieux
Le plasticien dans ses récits évoque souvent son mysticisme. Durant ses voyages en Inde ou en Afrique, il a côtoyé les sources d’une spiritualité, enclin aux croyances ésotériques. Les masques statuaires ou les costumes détournés de leur fonction folklorique, empiètent souvent la voie d’un univers mystérieux.
Infos pratiques
L’exposition est à découvrir au musée Paul-Valéry de Sète : 148, rue François Desnoyer, jusqu’au 7 juin 2026 du mardi au dimanche de 10 h à 18 h.
Evénements associés à l'exposition
Dimanche 26 avril à 15 h : Autour de l’Atelier nomade, rencontre discussion entre l’écrivaine et éditrice Kristell Loquet et André Cervera.
Dimanche 31 mai à 15 h : Célébration du Vivant Acte VII, performance ritualisée d’André Cervera et Maguelone Vidal.
Dimanche 7 juin : Finissage de l’exposition (format sous-réserve).
Entrée libre, dans la limite des places disponibles.











